René la taupe ou l’anti culture poussée à son paroxysme…

Vous n’avez surement pas échappés à René la taupe, la saleté de taupe si je puis dire. Oh vous allez me dire mais voyons elle ne fait rien de mal cette pauvre petite taupe, pourquoi tu l’as prise en grippe? Et puis elle plait aux enfants, ils adorent l’écouter et ils dansent comme des petits fous lorsqu’ils l’entendent. Oui sauf que je ne suis pas complètement certain que les gens qui sont si fiers de la montrer à leurs enfants et qui s’éclatent avec la gentille taupe ont bien conscience des paroles de cette foutu bestiole et des chansons qu’elle chante…
La preuve en est que j’ai expliqué à mes propres enfants qui aiment aussi comme tous les gamins cette saleté, de quoi elle parlait et les mots qu’elle utilisait. J’ai été rassuré de voir qu’ils qualifiaient la bête de vilaine disant des gros mots.

Lorsque je parle d’anti culture en l’occurrence je crois que je devrais dire plutôt que cette taupe tire tout vers le bas, si c’est encore de la culture ce truc, c’est plus bas que la pire des poubelles.
Mais je vous en parle sans vous avoir offert de connaitre les magnifiques paroles des différentes chansons de cette charmante taupe.

"René La Taupe - Mignon Mignon"
T’es si Mignon Mignon mais gros gros gros
Mignon Mignon mignon mais gros gros gros
En été tu m’fais d’l’ombre
Et en hiver tu m’tiens chaud
Et quand t’as fait des pompes tu nous lâches un gros pet !

Attention encore plus fort les paroles du premier morceau de clip nommé "Merde"
C’que disent les autres je m’en fous totalement
OK t’es une merde mais t’es toujours dans le vent
Moi j’te kiffe comme tu es sans aucun jugement
Malgré que tu sois d’la merde
J’te kiffe malgré que tu sois d’la merde
De la bien bonne, vraiment d’la merde
Jamais quelqu’un ne m’a tant manqué
Malgré que tu sois d’la merde

Bien là maintenant vous avez une belle et bonne vision du truc. Maintenant on va reprendre le problème en regardant par l’autre côté de la lorgnette. Maintenant que vous avez pleinement conscience des paroles de la taupe, regardez un peu tous ces parents émerveillés qui "kiffent" la taupe…
Pas besoin d’aller très loin, sur Facebook vous trouverez surement dans vos contacts des parents enchantés soit qui auront mis le clip pour les boutchoux soit qui ont filmés leurs gosses dansant ou se trémoussant devant la taupe.

Et bien je vais encore me faire plein de nouveaux copains mais je trouve ça désolant… Pitoyable… Abrutissant et franchement détestable.
Je vous avoue que je ne suis pas un modèle moi même parfois utilisant des mots certes détestables devant mes enfants, mais pour autant je ne vais surement pas les mettre devant cette cochonnerie simplement parce qu’ils aiment voir cette bestiole se trémousser à l’écran et chanter avec cette voix qui leur plait tant.
Bien pourquoi je vous parle de ça? Parce que cette taupe n’a pas été conçue pour rien, que les paroles ne sont pas choisies par hasard, que tout ceci participe d’un plan marketing bien foutu, tout d’abord la taupe a inondé les ados avec sa première intervention et son clip court. Ensuite le reste était d’une facilité déconcertante.
Puis la taupe a envahit les écrans de publicités des émissions pour ados ou jeunes adultes, les chaines de clips et autre… Se répandant comme une trainée de poudre, nous offrant ainsi ces magnifiques chansons.

Ce qui me fait doucement rire (jaune j’avoue) c’est la manière dont les gens qui sont capables de fustiger la télé poubelle par exemple peuvent avoir été pris dans cette mode de la taupe. Et combien n’ont même pas cherchés à comprendre les paroles de ces chansons?
Vous me direz que ce n’est qu’une petite plaisanterie de rien du tout, qu’après tout les chansons paillardes n’ont pas de plus enrichissantes paroles n’est ce pas? Oui sauf que les chansons paillardes visent un public adulte qu’elles ne sont pas mises en scène avec un clip ou des animations visant les enfants avec un petit animal mignon dans un paysage édulcoré aux couleurs pastels, passant exprès à des horaires de manière à être vus par les enfants…

Je crois que ce qui me fout vraiment les boules, c’est le fait d’utiliser les gamins pour vendre de la merde, et surtout de leur donner à bouffer des choses qui ne sont pas du tout adaptées pour eux. Et même si on dit souvent que les enfants aiment justement la période qu’ils traversent du "pipi/caca" je ne crois pas qu’il faut les encourager dans cette direction.
Tirer le divertissement vers le bas pour faire de l’argent semble pouvoir justifier de tout. Même de l’injustifiable.
Et encore une fois on remarquera que les gens ne se préoccupent pas de ce qui leur est offert à manger, tant que c’est digéré, régurgité, ils prennent la béquée sans plus jamais se poser de question. Et au delà même de ma désolation, je trouve ça affreusement terrifiant et dangereux dans le sens où on peut très bien faire gober n’importe quoi aux gens à partir du moment où ils n’ont plus cette capacité de jugement ou d’analyse qui se montre tellement déficiente de nos jours.

 

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Bernard Werber - Le livre du voyage

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Lorsque Bernard Werber auteur à succès de nombreux ouvrages nous propose un livre concept, j’ai envie d’être pris par la main, emporté et surtout j’ai envie qu’on me surprenne, qu’on me laisse coi, que je sois comme assommé, bref je veux en prendre plein les yeux.
Bon alors si je commence comme ça on aura compris qu’on n’est pas vraiment arrivé à ce résultat là n’est ce pas?
Alors oui l’idée est amusante. Proposer un livre concept/expérience qui se lit d’une traite sur environ 1h30 à 2h00, qui se propose de faire ce que vous faites habituellement sans qu’on vous le demande à savoir vous guider dans votre imaginaire et dans votre esprit.

En fait l’idée est la suivante, prenons le livre comme objet, mettons qu’il a une sorte d’âme et qu’il va vous proposer de faire un voyage, c’est d’ailleurs le titre du livre n’est ce pas.
Le voyage sera un voyage intérieur, mais attention l’idée est que vous jouiez le jeu jusqu’au bout, que vous suiviez le cheminement qu’il va vous proposer et ce sans jamais rechigné à faire ce qu’il vous proposera de faire.
En fait il va simplement vous faire prendre conscience de votre part d’imaginaire, de votre capacité à créer, ressentir, percevoir, concevoir en dehors même des sens et des habituelles perceptions humaines.
Bon alors le concept est amusant, l’idée est traitée de manière très convenable, le livre devenant un peu, petit à petit la petite voix qui nous accompagne dans le voyage, qu’on entend dans son esprit sans réellement l’entendre.

Oui mais… Bin oui on sent bien que je ne suis que moyennement emballé par tout ça… Oui mais voilà, à trop vouloir guider le lecteur, à vouloir proposer un voyage qui soit riche et palpitant, et bien on en vient presque à faire l’effet inverse.
Comment ça allez vous dire? Et bien pour le lecteur qui n’arrive pas à créer dans son esprit les images de ce qu’il lit, et il y en a beaucoup, pour ceux qui n’ont pas cette capacité de ressentir, de faire abstraction et bien ce livre est un guide et je dirais même un bon guide vers ces émotions là.
Même si le résultat n’est pas forcément acquis pour autant, le cheminement, la technique et tout le nécessaire pour tenter d’y arriver est bien là présent entre les pages de ce petit ouvrage.
Mais c’est pour les autres que le bât blesse en fait. En effet si tant est que vous ayez cette capacité naturelle d’évasion, de création, d’imagination et bien ce livre vous paraitra presque trop restrictif, trop directif, alors qu’on voudrait pouvoir aller dans telle direction, il nous prend par la main et nous force à suivre un autre chemin.

Bien entendu c’est le principe même du livre et je ne peux pas imaginer qu’il en soit autrement ou que le livre puisse avoir plusieurs niveaux de lecture. Mais il est vrai qu’une certaine frustration se fait jour assez rapidement.
D’autant plus qu’on a presque l’impression assez vite de savoir où on va, de comprendre le concept et d’avoir l’impression que même le plaisir de la découverte, de la surprise se délite petit à petit pour ne plus laisser que le long et lent voyage entre les pages.
Pour autant il se crée une sorte de lien entre le livre et le lecteur. Qu’on se sente brimer n’empêche une sorte d’intimité, et c’est amusant de voir comment Werber a réellement insufflé une sorte d’âme à son ouvrage.
Un petit livre que je pourrais offrir à quelqu’un qui n’aime pas lire ou qui ne prend pas plaisir à lire parce qu’il a du mal à lâcher prise et à se laisser emporter dans les mots. Mais un livre que je n’offrirais pas à un lecteur régulier qui sait se laisser emporter sur les flots littéraire sans difficulté.

 

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Dacre Stoker et Ian Holt - Dracula l’immortel

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Lorsque le malheur semble frapper les rescapés de l’affrontement contre le terrible Dracula, que des jeunes femmes sont assassinés sans pitié dans les rues de Paris l’ombre de Dracula semble planer à nouveau.
Se retrouvant face à leurs démons, en proie à la peur et aux souvenirs qui les ont marqués à tout jamais ceux qui autrefois combattirent le démon vont affronter un mal bien pire

Lorsqu’un mythe est repris et qu’il lui est donné une suite, quelle qu’elle soit, on ne peut que se montrer méfiant à priori. Si on lui prête une filiation naturelle par l’association d’une personne de la famille de l’auteur original on se dit que ça ne peut être pire comme coup de pub.
Pourtant à la fois poussé par la curiosité et surement aussi par le fait que je sois du genre bienveillant envers les adaptations et réécritures diverses d’histoires j’ai eu envie de tenter la lecture de ce roman.
M’attendant presque à tout j’ai été surpris de voir à quel point déjà les deux auteurs étaient des passionnés du mythe et de la version originale de Bram Stoker. Certes le fait d’y associer l’arrière petit neveu est une manière de faire porter caution du nom de Stoker sur cette suite.

Se basant sur des notes laissées par Bram, qui avait semble t’il prévu une suite. Intégrant certains éléments que l’auteur avait sciemment laissés de côté dans l’œuvre originale nous sommes en présence d’un étrange roman.
Je n’ai jamais vraiment aimé les œuvres qui mélangent allègrement la fiction pure et dure et l’hommage en y ajoutant des pointes de réalismes. J’entends par là que d’avoir voulu faire de Bram Stoker un personnage du roman me semble à la fois inutile et peut être même déstabilisant par moments.
Alors oui au regard des productions vampiriques actuelles, celle ci fait renaitre le mythe de ce bon Dracula en nous le présentant comme un héros gothique et romantique, très vite on dessine les contours du personnage et de ce qui va se passer dans la suite du roman.
Certes le sens de la narration n’a rien de commun avec celui de Bram Stoker mais pour autant il faut dire que certains passages ne manquent pas de véhiculer leur lot d’émotion.

Mais pour autant est-on face à une œuvre qui aura le même succès et le même retentissement que l’œuvre originale? Certes pas, la structure en est bien trop contemporaine, je dirais presque convenu.
Les personnages sont repris de manière finalement assez classique devant s’affronter eux mêmes avant d’avoir la possibilité d’affronter l’ennemi qui les préoccupe.
J’ai trouvé le roman divertissant, ce n’est pas un chef d’œuvre, ce n’est même pas réellement une suite au sens strict tant je dois dire que je dissocie cette histoire de l’histoire originale.
Disons que c’est une réinvention d’une suite possible de Dracula, avec son lot d’incohérence, de passages parfois moins palpitants, mais toujours dans une sorte de respect religieux des notes.

Je crois que le problème principal est là, à force de connaitre le mythe sur le bout des doigts, d’avoir puisé dans les ressources laissées par Bram Stoker après sa mort, les auteurs ont un peu oubliés qu’ils avaient toute latitude pour reprendre en main l’histoire, les personnages et pour les faire évoluer vers autre chose.
Dans ce cas probablement on n’aurait du éviter de parler de suite, mais je crois qu’un léger éloignement de l’œuvre originale et de ses diverses adaptations (dont on sent malgré tout l’influence sous jacente) aurait été surement plus adaptée.
A n’en pas douter, je pense que ce roman fera un bon script pour une éventuelle nouvelle adaptation au cinéma.
En bref un livre ni plaisant ni déplaisant agréable à lire et après tout c’est tout ce qu’on demande ou presque, peut être juste un peu trop prévisible dans l’ensemble. Dommage…

 

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Mortal Kombat Rebirth…

J’en ai parlé sur facebook il y a peu mais après tout pourquoi ne pas en reparler ici, lorsqu’un projet se donne ce genre de moyens il parait tout à fait recevable d’en faire la publicité.
Voici donc une sorte de mise en bouche d’une éventuelle remise au goût du jour de la licence Mortal Kombat dans une version plus réaliste, plus noire aussi et plus en adéquation probablement avec le public qui connaissait le jeu original.
En effet le jeu dans sa toute première version en salle d’arcade date de 1992, cela fait donc déjà 18 ans, on imagine fort bien que même les plus jeunes à l’époque qui ont pu y jouer ont désormais une bonne trentaine d’années environ.

Hors plutôt que de faire un film d’action grand public, pourquoi ne pas tenter de mettre la franchise dans un univers noir, une sorte de monde à la limite entre l’outremonde et la réalité de tous les jours.
Le réalisateur a su s’entourer de quelques acteurs pour cette petite présentation de ce qu’il pourrait réaliser. Le but étant de faire voir à Warner Bros détenteurs de la licence que cette nouvelle vision est tout à fait commercialement viable.
Pour les accrocs du jeu on peut y déceler un certain nombre de personnages de la franchise et les effets spéciaux sont à la hauteur de la mise en scène et des prises de vues.

Je suis impatient de savoir ce que WB peut bien avoir à dire de cette éventuelle nouvelle adaptation, d’ailleurs l’histoire parait presque trop belle avec un réalisateur un peu allumé qui décide de manière bénévole de monter un trailer d’un film qu’il aimerait réaliser.
Au point qu’on peut se demander si comme Marvel dernièrement l’idée ne serait pas de réappliquer la sauce Pixar qui consiste à mettre en avant au travers de courts métrages d’éventuels futurs personnages de films classiques.
Marvel compte le mettre en place pour les prochaines grosses productions à sortir afin de tester éventuellement certains personnages ou certains univers qui ne sont pas de prime abord parmi les best sellers ni les plus connus du grand public.
Il parait donc envisageable que WB utilise ce court afin de voir les éventuelles réactions et retours des fans ou des gens ayant l’occasion de le voir afin de proposer peut être une réelle mise au format d’un film de longue durée comme les deux précédents.

Cette piste n’est pas à snober quand on voit le bide assez monumental et la réalisation plutôt miteuse dont la série Mortal Kombat Conquest s’est vu affublée…
Les deux précédents films aussi n’ont peut être pas vraiment tenus toutes leurs promesses, le second n’ayant surement pas séduit autant que l’avait fait le premier avec son casting plutôt couillu pour l’époque.
N’en reste pas moins que si une version proche de ce court venait à sortir je serais certainement enchanté d’aller la voir au cinéma et de pouvoir me dire qu’une telle franchise s’est vue ressuscitée et peut être a su entamer un tournant qui pourrait aussi redynamiser la version jeu vidéo d’une des plus violentes franchises du jeu vidéo qui a eu du mal à s’adapter avec les années.

Pour ceux n’ayant donc pas encore vu le court métrage dont je parle, voici le lien direct qui va vous permettre de l’apprécier, attention je le noterais déconseillé au moins de 16 ans au minimum, tout comme le jeu original cela dis.
En tout cas qu’il plaise ou pas, ce petit court a le charme de ne pas laisser insensible…

 

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Ce qui devait arriver…

Oui c’est désolant je le reconnais, que l’on perde à la fois une chronique politique plutôt acide le matin et une chronique d’actualité elle aussi plutôt acide le midi me fait mal au cœur. Que ce soit deux humoristes que j’apprécie me fait encore plus mal au cœur c’est sur.
Mais pour tout dire je ne suis guère surpris, ni de cette suppression de chroniques, ni du fait que les deux humoristes ne sont pas reconduits à d’autres postes ou dans d’autres émissions.
Reconnaissons que toute l’année leur liberté fut totale et que leurs propos souvent ont pris pour cible leur direction. Que ce soit un fait avéré ou pas, les avoir en permanence traités d’inféodés au pouvoir n’a surement pas permis que le passage de bâton se fasse sans heurts. De là à dire que le problème n’est qu’un problème humain ou de personnalité il n’y a qu’un pas que je suis prêt à franchir.

Rappelez-vous que Philippe Val était aux commandes de Charlie Hebdo lorsque le problème avec Siné s’est présenté. Problème qui découla d’une scission qui a mené Siné a monté son propre journal dans lequel officiait pour une chronique hebdomadaire l’un des deux humoristes. Bien sur cela ne permet pas de dire qu’entre les deux hommes le courant passait mal.
Mais à n’en pas douter, cette prise de position très directement opposée n’a surement pas été pour rien dans le ressenti de l’un pour l’autre et vis et versa.
Cela ne permet pas de dire que Didier Porte s’en prenait à Philipe Val pour des motifs personnels ou en rapport avec Siné, même si parfois certains papiers étaient assez orientés, mais toujours est il que malgré tout et jusqu’à mercredi entre les deux hommes une sorte de statu quo faisait que l’un pouvait dire en toute liberté ce qu’il voulait et que l’autre se passait de commentaires ou de sanctions.

Ce qui est plus surprenant c’est que l’on peut tout de même se demander pourquoi maintenant et pourquoi avec une telle vivacité ces décisions ont elles été prises.
Toute l’année la direction de France Inter a plus ou moins cautionnée les billets des deux humoristes justement en ne prenant aucune sanction même quand certaines personnalités avaient menacées ou même porté plainte.
Jusqu’à présent les choses semblaient tout à fait saines, entre les différents protagonistes de cette affaire et la carte blanche parfois un peu abusée mais finalement au vu du nombre de papiers et du nombre de chroniques le nombre d’éventuels "dérapages" n’était pas énorme.
La chronique à laquelle participait Stéphane Guillon du lundi au mercredi, que reprenait Didier Porte pour le jeudi et qui était à la charge de François Morel le vendredi ne me semblait pas pourtant attaquable sur le nombre d’auditeurs ou sur l’intérêt que les gens lui apportait.

Alors pourquoi décider de son arrêt maintenant? La presse regorge d’annonces et d’interview des deux personnes en charge qui de France inter qui de radio France donc je vous laisse vous faire votre propre opinion. Pour ma part je trouve la décision injustifiée et relativement maladroite.
Même si certaines chroniques étaient attaquables à la rigueur il aurait mieux valu un avertissement ou une discussion que la suppression pure et simple de ces chroniques.
D’autant plus que ça ne peut qu’amener de l’eau au moulin de ceux qui après les nominations faites par le pouvoir vont y voir une décision en vue de plaire ou de remercier là où probablement ce n’est je le répète dans le pire des cas qu’une question de rapport humain entre plusieurs personnes.

Tout ceci fait qu’on agite à nouveau de ci de là le chiffon de la censure, que certains politiques en profitent pour faire leur beurre et pour se donner une tribune gratuite, après tout la coupe du monde est terminée pour la France il faut bien continuer à trouver comment exister d’une manière ou d’une autre n’est ce pas?
Il faut tout de même cesser de prendre les politiques pour des imbéciles, toute forme de censure a toujours fini par être un boulet terrible et une balle dans le pied de celui qui l’a utilisé. De plus habituellement ne soyons pas des moutons, une censure est bien plus insidieuse qu’une vulgaire mise à la porte tout de même.
Et puis surtout la censure ne permet pas qu’on l’attaque souvent se couvrant derrière des raisons toutes plus vertueuses les unes que les autres. Alors avant de crier ses grands dieux et même si on ne peut qu’être peiné d’être privé de ces deux trublions il faut surtout éviter la récupération et la manipulation visant à propager des idées qui n’ont bien souvent comme seules fondations que la sagesse populaire…

Bon ceci dis, moi j’invite avec plaisir ces deux humoristes à venir poster des billets d’humeur ici quand ils le veulent, en toute liberté. Bon ok j’imagine bien qu’ils n’en ont que faire, mais il y aura bien quelque part un directeur de radio ou de télé avec suffisamment de courage pour les remettre en selle et en attendant il reste tout de même leurs spectacles à aller voir dans toute la France.
Je ne leur dirais qu’une chose qui leur fera une belle jambe de bois, courage, et surtout ne sombrez pas dans la paranoïa ambiante à moins d’en avoir de solides raisons et surtout continuez à mettre des coups de pieds là où ça fait mal, pour une fois que des chroniques ont une telle dose de culture et d’intelligence ce serait dommage de nous en priver.

 

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Manipulation de masse et esprit critique

Nicolas Boileau écrivait:
"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez." (Chant I)

Parfois j’ai l’impression qu’on a beau tenter d’ouvrir le sens critique aux gens, leur ouvrir les yeux, leur faire prendre conscience, il arrive toujours un moment où pour des prétextes totalement farfelus ou sur un sujet qui les touche ils vont se faire manipuler aussi facilement que du bétail que l’on dirige à l’abattoir.
L’affect, l’émotion, l’indignation, tout ce qui fait que l’homme est un animal émotionnel va lui faire perdre tout sens critique. Une fois la bonne image montrée de la bonne manière, une fois encadré dans un ensemble on va se trouver face à une lame de fond qui va se répandre à la vitesse d’un cheval au galop avant même que l’on puisse en contester la véracité.
Et haro sur celui qui osera critiquer, qui osera apporter des éléments ou montrer l’erreur. Car il aura su se départir de l’émotionnel, et à ce titre ne sera pas un homme digne d’intérêt. Il ne sera qu’un de ceux qui ne cherchent qu’à éventer la vérité ou bien un de ceux qui veulent faire en sorte que l’on ne puisse pas faire circuler l’information, bref au lieu d’être considéré comme un homme un peu plus éclairé ou réfléchi il sera au contraire stigmatisé et mis au ban…

Aujourd’hui une simple vidéo, une petite vidéo comme il y en a tant, une vidéo de caméra de vidéosurveillance, violente, cruelle, dont je ne cautionne en rien le contenu, mais qui une fois mis dans un contexte, présenté avec un peu quelques mots se trouve complètement et significativement changée. Son analyse en devient différente et le regard qu’on lui porte aussi.
S’en suit une forte réaction, mélange d’écœurement, de dégout et de jugements, un joli terreau qui va permettre à des sentiments d’injustice ou des relents parfois assez nauséabonds de prendre racine sans que personne n’y trouve rien à redire et ne soit choqué…

Avant toute chose voici un simple avertissement, cette vidéo est violente, insoutenable, mais le plus insoutenable est la manipulation qui en est faite, et surtout le manque évident d’esprit critique de ceux qui ensuite répande ce genre de choses…
Lisez bien toute l’explication jusqu’au bout non pas que je sois à ce point imbu de moi même mais simplement parce que franchement avec seulement 5 minutes de temps j’ai reconstitué toute la véracité sur cette vidéo ce qui ne me semble pas un exercice vraiment si difficile à accomplir avant de propager des messages haineux ou de participer à la création de peurs collectives quant à d’éventuelles conditions de vie de plus en plus violentes ou dangereuses…

Au départ sur le profil d’un ami facebook un lien vers cette vidéo avec un commentaire pour le moins laconique et direct.
http://www.facebook.com/video/video.php?v=1485632222165

Je vous cite en copier/coller le commentaire qui se trouve ajouté à la vidéo à la fois sur le lien direct ou bien lorsqu’on l’ajoute à son profil:
"Filmé par une caméra de surveillance dans la ville de Nice. Ceci est un enregistrement vidéo pris par la caméra de l’entrée d’un immeuble. Cela se passe en France, aujourd’hui. Voilà la FRANCE d’aujourd’hui avec les gens courageux des banlieues !!! Mais où est la justice. Deux choses possibles : Tu es d’ accord avec ce que tu vois sur la vidéo et tu ne dis pas un mot, Tu es indigné, et tu fais suivre à tous tes contacts!!! Question de conscience…"

Première réaction à chaud de ma part en la voyant, le "loading dock" en bas d’écran me laisse à penser que la vidéo est américaine. Je ne connais pas en France de "loading dock", à la rigueur "quai de déchargement ou de chargement" ce qui déjà semble ne pas corroborer un quelconque lieu d’habitation et encore moins un immeuble.
Puis je remarque la date, 2005-05 ce qui va à l’encontre même du commentaire présentant cette agression comme récente.
Je fais quelques recherche et je m’aperçois qu’en effet (d’ailleurs la voiture passant en arrière plan à la fin de la séquence est un autre indice) c’est une vidéo US qui a été diffusée afin de permettre l’arrestation de l’agresseur. Arrestation qui a eu lieu il y a déjà plusieurs années justement… Le jour même de l’agression d’après ce que j’en ai lu un peu vite j’avoue.

Voici la vidéo complète en meilleure qualité
http://www.liveleak.com/view?i=f45_1172683270

Voici le site de America’s Most Wanted présentant "James Aloysious Dorsey" le coupable de cette agression.
http://www.amw.com/captures/brief.cfm?id=31704
Si vous cliquez sur l’onglet "CASE" vous aurez exactement l’agression telle qu’on peut la voir sur la vidéo, sachant que la vidéo qui était sur America’s Most Wanted a été retirée puisque l’homme a été arrêté mais que c’est bien celle qui nous intéresse.

Et enfin une dernière information tirée du Washington Post excusez du peu qui présente l’affaire, qui parle de la vidéo et ne laisse aucun doute quant à toute cette affaire.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/05/08/AR2005050800619.html

Ces différents éléments de preuve permettent de voir que cette vidéo est bien une tirée d’une vidéo surveillance américaine diffusée aux Etats Unis en 2005 et qui a permis l’arrestation de l’agresseur à cette époque.
Mais alors le rapport avec Nice ou avec des agressions en France? Aucun… D’ailleurs il est à noter que cette même vidéo a déjà dans le passé été utilisé en France par des groupuscules extrémistes en effet l’homme de la vidéo est clairement identifiable en tant qu’individu de peau noire ce qui permet toutes les interprétations et tous les commentaires…
Quelle légitimité se réclame t’elle aujourd’hui pour faire passer la pilule? Soit disant un ex gendarme à la retraite (notez comme c’est pratique mais on va y revenir) qui a donc écrit le commentaire et diffusé la vidéo…

Un gendarme c’est l’autorité, c’est incontestable, et puis niveau agression et caméra de surveillance on n’a pas encore trouvé meilleure référence.
Pourquoi à la retraite? Simple, s’il ne l’était pas, il ne pourrait pas en parler ou diffuser, c’est aussi simple que ça. Donc il doit être à la retraite. Oui mais alors comment il a obtenu la vidéo? Et pourquoi l’a t’il diffusée? Oui bien sur pourquoi se poser toutes ces questions n’est ce pas?
Bref voilà encore une légitimité bidon qui n’est là que pour faire taire les contestataires en faisant remarquer qu’ils ne seront jamais plus légitimes que cette source infaillible et fiable. Hors on le voit tout ceci n’est que du bidon.

Et alors que se passera t’il suite à cet article et au lien que je vais mettre sur le profil de mon ami facebook? Rien, la plupart de ses contacts ne prendront pas le temps de lire cet article, une autre partie va m’enflammer parce que je ne suis pas légitime pour contester ce document et les informations bidons qu’il véhicule. Mais même si un seul vient, lis jusqu’au bout et prend conscience du fait qu’il faut toujours rester éveillé, conscient et surtout ne pas se laisser emporter par la folie sécuritaire ou la peur qu’on tente de nous instiller chaque jour et bien j’aurais gagné.
Un peu à la façon des hoaxbusters j’ai taillé dans la couenne d’un faux absolument honteux pour lequel il faut cesser de faire circuler des liens et les mensonges l’accompagnant.
Tel un petit don quichotte de quartier je dormirais ce soir avec l’impression du devoir accompli.

 

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Aumessas

Participation au concours de jesuisecrivain du mois de Juillet sur les vacances

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Les plus belles années de jeunesse
Entre rivière, tunnel et jeux
L’innocence remplie de tendresse
D’un petit village délicieux

Des étés à vivre en sauvages
Toujours partis par monts, par vaux
Découvrant les grands paysages
D’une nature emplie de cadeaux

Chaque année retrouver ensemble
Les chemins des jeux d’autrefois
Le temps passe et pourtant il semble
Qu’on est tous les mêmes chaque fois

Des générations différentes
Tous unis dans un même élan
Eloignés dans nos vies présentes
Tant d’années partagées enfants

Si on fait le compte on arrive
A se dire que plusieurs années
On pourrait en remplir des livres
De ce qui nous est arrivés

Chacun de nous a dans le cœur
Des souvenirs parfois marquant
De tristesse ou bien de bonheur
Dans ce village qui nous plait tant

Tant de vacances passées là bas
Que je ne pourrais pas choisir
Des premières fois des dernières fois
Beaucoup d’émotions, de plaisir

Ce village restera toujours
Un lieu cher rempli de chaleur
Des familles vibrantes d’amour
Aux amis gravés dans mon cœur

Dans les Cévennes il est un lieu
Comme serti en pleine nature
Dont les souvenirs rendent heureux
Dont je ne garde pas de blessure

Aumessas au rythme des ans
Tu m’as conduite vers un chemin
Sur ton viaduc imposant
Dans tes ruelles raides et sans fin

Tu es la terre de mes ancêtres
Mon sang s’écoule dans tes calades
Et même si je suis loin peut être
Précieusement en moi je te garde

Tu as su toucher tous les gens
Qui un jour t’on rendu visite
Ta magie traverse le temps
Et je crois que tu le mérites

 

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Regard en arrière

Il est des événements qui marquent une vie. Des périodes, des situations, il restera marqué ce changement de décennie au plus profond de moi.
Tout au long de notre vie on se cherche, on se questionne, on nous épaule, on nous guide, on nous accompagne, on nous oriente.
On prend vite l’habitude de s’appuyer sur tout et n’importe quoi. Notre famille, nos amis, nos croyances, nos rêves.
Les valeurs auxquelles on nous fait adhérer ou croire. Tout ce qui peut nous servir de béquille. En fait nous ne marchons pas durant notre vie, nous nous trainons de béquille en béquille.
Parfois un coup de folie, on prend des libertés, mais on revient presque toujours à nos si rassurantes béquilles.

Mais en fait comme dans certains soins, on devrait non pas se raccrocher à ce qui nous entoure, mais parfois lâcher complètement et tenter d’avancer par nous même.
Comme l’enfant qui découvre que marcher peut se faire debout, lâcher ce qui nous garde levé, quitte à tomber, après tout ça n’est pas si grave on risque quoi?
La vie n’est qu’un vaste terrain de jeu dont on n’explore pas l’étendue simplement par peur, peur de s’éloigner du mur, de la rambarde, de la canne.
C’est bien facile de dire ça tant qu’on se tient à quelque chose, ça l’est moins quand on est par terre, tentant de se relever, sous les quolibets de ceux qui jamais ne ferons un pas en dehors du chemin qu’ils se sont tracés.
C’est plus facile aussi, de ne pas croire qu’ailleurs la liberté ouvre des mondes à explorer, et d’être de ceux qui moquent et qui montrent du doigt.

Comme un château de cartes, la vie est incertaine, en équilibre instable, à l’affut du moindre souffle d’air, on essaye de se protéger. Mais en est-on capable?
Si d’un coup nos béquilles viennent à tomber, si la rambarde semble disparaitre, si tous les repères qu’on avait précieusement mémorisé se trouvaient envolés, comme une mandala soufflé par le vent, le sable s’éparpillant l’image vient à disparaitre, on perd tout en un instant.
Que faire dans un pareil moment, se laisser tomber, ne plus bouger, pleurer sur sa vie, sur soi, sans aucun espoir de jamais se relever. Regarder les autres autours passer sur leurs béquilles, comme dans la rue, devant un homme assis au coin d’un commerce, sans un regard, sans un signe, sans un sourire.
Juste des mots, de la calomnie, le jugement de ses pairs qui pourraient être là à notre place. Ou alors se lever, tituber, tomber, se raccrocher à tout, à n’importe quoi, mais le lâcher aussitôt.
Tenter de trouver un équilibre même précaire, même instable. Poser un pied, un nouveau pas, essayer, se risquer, trébucher, se relever, encore et encore, pas après pas, voir se dessiner au sol une multitude de chemins.
De routes qui s’ouvrent vers ces lieux que ces autres ne découvriront jamais. Prendre confiance, assurance, et se rendre compte que ce qu’on nous apprend, ce qu’on nous inculque, ce qu’on nous promet n’est rien d’autre que chaines et liens fait pour nous tenir dans "le droit chemin"…

La découverte du monde est l’expérience la plus douloureuse qui soit, peut être est ce pour nous en protéger qu’on nous canalise dans un chemin dans un lit, comme la rivière, qu’on essaye de nous maintenir là où ça semble être le plus "correct" le moins dur.
Mais en fait c’est aussi là que c’est le moins enrichissant, que c’est le moins palpitant, c’est dans le lit de la rivière que les choses sont les plus tranquilles, certains diraient normales.
Quand je regarde en arrière je vois encore mes béquilles sur le sol, je vois le chemin que je suivais, rassurant, comme un appel, mais mon sourire n’est pas mélancolique, point de tristesse de m’en être écarté, les béquilles ont cassés, je suis tombé, et maintenant je vois toutes ces routes, tout ces possibles.
Tous ces devenirs qui s’offrent à moi et que j’ai encore tellement peur de saisir, de vivre, encore quelques chaines et quelques liens qui me maintiennent à cette rambarde, mais le temps les érodent, le temps et le fait que je tire, m’éloignant un peu plus chaque jour de ce chemin tout tracé.
Créant mon propre chemin, c’est ça la vie, prendre le risque de se perdre et de ne jamais plus retrouver un chemin qui soit dans la norme de la multitude, mais le vivre avec intensité, et surtout ne jamais avoir l’impression d’avoir raté quoi que ce soit dans sa vie.

 

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Marre de la fête des mères…

Cette année bien entendu pour moi cette fête a un goût particulier. Première année que je ne pourrais pas la souhaiter. Première fois que je me rends compte à quel point ça doit être affreusement dur pour des milliers, des millions de personnes.
Depuis des semaines je suis assailli de messages à la con, de publicités, de propositions, pour être un gentil fiston il faut que je gâte maman du mieux possible en lui achetant tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi d’ailleurs c’est ce qui lui conviendra le mieux mais si c’est ce qu’on m’annonce à longueur de journée.
J’ai une furieuse envie de renvoyer un mail assassin à chaque pub que je reçois. Je n’ai rien demandé à tous ces gens, le marketing me gonfle et dans le cas présent me renvoi chaque fois face à ce vide que j’ai et que j’aurais éternellement maintenant.

Les plus difficiles à supporter sont celles qui vous prennent la main d’un air condescendant ou presque, vous parlant comme à un demeuré, vous tutoyant et vous faisant bien voir que vous serez un fort mauvais fils ou fille si jamais vous n’achetiez pas ou ne profitiez pas de la super méga promo réduc de la mort.
Bien, mais encore? La fête des grands mères est plus discrète, on se doute que l’âge aidant, de nombreuses familles doivent manquer de personnes correspondant au profil recherché. Alors qu’une maman, tout le monde en a une voyons! Non? Bien sur que si! Et surtout à mon âge, à notre époque les mamans ça dure pffff au moins tout ça comme duracell, et puis quand elles sont fatiguées on change les piles, un mars et ça repart non?
Bon si t’as pas de chance, si t’es orphelin, si tu as perdu ta mère, pas grave, tu es victime du système, ne t’en fais pas, tiens allonge toi, relève les jambes un peu, tu vas voir c’est juste un mauvais moment à passer, comme quand maman prenait ta température, la pilule est juste un peu plus grosse tu vois, trois fois rien voyons. Et arrête de gigoter ça va faire encore plus mal…

Pourquoi cette société se moque t’elle éperdument de l’aspect émotionnel des choses? Sommes-nous tous devenus des monstres dépourvus de sentiments, dépourvus d’émotions? Faut il pour vivre parmi les hommes être cynique, et ne chercher qu’à faire du profit, amasser de l’argent et écraser les autres à longueur de temps? Est ce le signe de la réussite?
Oh oui on peut souhaiter une bonne fête des mères à des tas de mères de substitution, bien sur, la mère de ses propres enfants, pourquoi pas sa fille si elle est maman elle aussi, à tatie pétunia, à oncle Gustave, à la cousin germaine, c’est sans limite, on peut même faire comme certains fêter toutes les mamans de la terre et se sentir ainsi vachement altruiste et gentil hein d’avoir pensé à toutes ces femmes?
Pour ceux qui ont perdus leur mère, que ce soit récemment ou pas d’ailleurs je me rends compte maintenant à quel point cette fête est une mascarade totalement grotesque et qui ne mène à rien. A tel point que j’en suis venu à me demander si ça ne paraitrait pas bizarre que je porte des fleurs sur une tombe pour une "fête"… A quoi en sommes nous rendus?

Bien sur je l’ai fait voyez, non pas pour pouvoir dire je l’ai fait, ni même pour que d’autres voient que je l’ai fait. Je me cogne comme d’une guigne de tous ces regards que je méprise chaque jour un peu plus. Non je l’ai fait pour marquer le coup, voilà simplement pour pouvoir faire durer un peu plus l’impression que quelque chose existe encore. L’illusion de la présence de cette absence…
Juste pour avoir un petit moment pour lui parler, chacun croit ou pas que l’après existe, je n’en sais rien moi même. Mais j’imagine qu’elle aurait aimé qu’on lui porte un petit quelque chose, juste une attention. C’est aussi dire qu’on ne l’oublie pas je crois. Mais finalement a-t-on besoin d’une fête mercantile et totalement inutile pour ça? Je ne le crois pas.

Mais une chose est bien certaine, je commence à en avoir marre de cet arrosage publicitaire qui vise et ratisse tellement large qu’il s’en trouve déshumanisé, et à tel point qu’on est pris de nausée, d’envie de tout faire pêter pour que cesse ces pointes qui viennent nous rappeler à longueur de journée, des centaines de fois par jour que le vide que nous avons ne pourra jamais plus être rempli.
Qui nous force à regarder en face ce qu’on essaye de garder enfoui en soi pour ne pas en souffrir, pour ne pas avoir mal à longueur de temps. La limite de la publicité se situe probablement lorsqu’elle devient douleur et cesse d’être légère. Voilà enfin que se termine cette triste période. Bien que certains sites vont encore en parler quelques jours "pour les retardataires"…
Pour une première année, j’avoue que c’était tout sauf facile à vivre. Le temps fera son œuvre…

 

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Fin de règne

Participation à un concours de nouvelle du Sud Grenoblois

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Assis dans son fauteuil fin XXème siècle en cuir de Buffle d’époque Armand regardait sa publicité qui passait en boucle sur la plupart des chaînes privées de ce côté ci de la galaxie. On le voyait en tenue de combat ultra moderne entourée de sa phalange de soldats surentrainés faisant divers exercice montrant à la fois leur technicité et leur capacité de dégâts. Remuant le whisky qu’il avait payé à prix d’or à un antiquaire dans le verre en cristal qu’il tenait à la main il souriait. La partie préférée de sa publicité arrivait, le slogan qu’il avait lui-même créé pour vendre son activité.

« Si vous aussi voulez tenter la révolution, ne faites pas comme tous ces gens qui font dans la bricole, dans le fait maison. Faites appel aux meilleurs des meilleurs. Depuis Orion 286 jusqu’à Centaury 52 notre expérience est notre marque de fabrique. Pour une révolution dans les règles, pour une révolution propre, rapide et sans bavure, exigez les meilleurs !
La phalange révolutionnaire pour vous servir. Je suis Armand votre seul et unique interlocuteur, appelez moi, je compte sur vous ! N’oubliez pas, Armand ! La révolution c’est mon cheval de bataille. »

Suivait les différents moyens de joindre son équipe de mercenaires. L’époque était propice, l’univers tel qu’il avait été dans sa grandeur quelques années auparavant périclitait. Les planètes, les unes après les autres se rebellaient contre les gouvernements en place.  L’empire perdait son influence et si on voulait gagner beaucoup d’argent c’était le bon moment. Surtout que les premières planètes à s’être rebellées étaient les plus riches, celles capables de vivre sans l’appui de ces bureaucrates.
Eteignant de sa télécommande les moniteurs il remplaça les murs par des images d’une forêt tel que la planète terre, berceau de l’humanité en possédait encore il y a tellement de siècles.

Fermant les yeux il se laissa bercer par le cri des animaux reproduits par les hauts parleurs qui étaient disséminés dans les murs et le plafond de la pièce. Encore un contrat honoré dans les règles de l’art pensa t’il le dernier de sa longue carrière. Avec l’argent amassé ses hommes et lui allaient pouvoir se la couler douce jusqu’à la fin des temps s’il le fallait. De tout temps et à toute époque on avait eu besoin de gens comme lui. Sa force, n’avoir jamais pris de décision politique ou de parti. Il allait là où l’argent lui demandait d’aller. D’une semaine à l’autre il pouvait renverser le pouvoir qu’il venait de mettre en place. Sa seule religion résidait dans les crédits qui remplissaient son compte en banque.
Utiliser la publicité, les médias, et toutes les formes avancées du pouvoir de masse pour vendre de la révolution, c’était là sa vraie réussite. Avoir rendu la révolution aussi photogénique qu’une bonne guerre fratricide, qu’un bon génocide. Avoir instauré un phénomène de mode de la révolution, vantant les mérites en passant sous silence les plus sombres travers que ne manquaient pas de déclencher ce genre d’événement.

Tirant sur le cigare qu’il allumait après chaque fin de mission il essaya d’imaginer la suite de sa vie maintenant qu’il était libéré de toutes ses obligations révolutionnaires.
Il allait déjà falloir dissoudre la phalange, son second s’était opposé fermement à cette idée et semblait ne pas vouloir y réfléchir à nouveau. Ensuite il faudrait surement encore faire quelques petites missions d’assistance, ses contrats assuraient un relatif secours pendant les premiers mois du nouveau régime. Mais rien qui ne serait fini et réglé d’ici la fin de l’année. Oui il allait pouvoir enfin se la couler douce et profiter de tous les crédits accumulés.  Son plan prévoyait une répartition équitable entre tous les hommes de la phalange. Sa seule préoccupation tenait en un prénom, Aleph. Son second avait toujours été un homme loyal, un de ses plus vaillants soldats. Mais voilà que toute cette histoire semblait entrer en contradiction profonde avec sa personnalité.

Jamais il n’aurait imaginé que l’on puisse réellement croire à ces foutaises. Lorsqu’il l’avait recruté il avait surtout vu en lui un homme de passion. Jamais il n’aurait pensé qu’une fois atteint son objectif il viendrait à se poser des questions le concernant. Aleph devait surement être en train de préparer la cérémonie du lendemain. Souriant Armand se voyait déjà parti pour l’autre bout de la galaxie, sur une planète calme, accueillante.  Pourquoi ne pas tenter ces paradis artificiels, ces nouveaux Edens qui fleurissaient au travers des galaxies. La mode était aux souvenirs, aux anciens temps, on reproduisait du mieux possible les conditions de vie de leurs ancêtres. Une vie faite de plaisirs simples sur des planètes terraformées, construites dans le seul but d’assurer une vie idyllique à leurs habitants. Le coût en était certes élevé, mais quel bonheur de ne plus se soucier de rien jusqu’à sa mort…

A moitié allongé dans son fauteuil il souriait. Une vie de labeur, une vie d’opportunité, une vie à savoir faire les choix en fonction de critères purement matériels. Et voilà enfin qu’il atteignait son but. Il était fier de sa petite entreprise et de ce qu’il avait accompli. Peu d’hommes auraient eu le cran de se moquer aussi impunément des aspirations réelles de leurs clients. Combien de fois il avait du faire croire à des « révolutionnaires » qu’il partageait leurs idées. Il se félicitait d’avoir toujours eu un certain talent de comédien. Et Aleph n’était pas pour rien dans cette réussite. Sa force de conviction, c’était un orateur incroyable et un homme capable de vous motiver les plus indécis. Il se demandait si il n’allait pas lui octroyer une part plus importante, après tout il méritait clairement la réussite de cette entreprise.

Le réseau interne sonna, Aleph cherchait à la joindre. Eteignant les hauts parleurs il ouvrit la communication.
- En quoi puis je t’aider Aleph ?
- Nous rencontrons un petit contre temps à propos de demain. Je sais que vous vouliez réunir tous les hommes pour leur annoncer la fin de la phalange et des opérations mais il se trouve qu’une planète demande un support d’assistance en urgence.
- Et bien répondons à ces clients, il ne faudrait pas qu’ils soient mécontents de nos services bien entendu, et nous n’aurons qu’à repousser la dissolution un peu, à moins que nous ne l’avancions à aujourd’hui alors ?
- En effet je pensais que l’annonce pourrait se faire aujourd’hui, mais pensez vous que vous serez prêt pour faire un discours auprès des hommes d’ici disons deux heures ?
- Aleph quand on est capable de renverser un gouvernement planétaire on est capable de bien d’autres choses tu ne crois pas ? Je te rejoins d’ici une heure et demie dans la salle principale pour faire le discours à nos troupes.

Coupant la communication Armand se leva, étira ses bras musclés et écrasa dans un cendrier en verre de la même période que tout son ameublement le cigare à moitié fumé. Il avait pour habitude un petit rituel avant de parler à ses hommes. Retirant son arme du holster qu’il portait en permanence il la déposa sur le bureau. Avec sa télécommande il fit s’ouvrir un pan de mur révélant une magnifique baignoire en fer forgée du XXème siècle elle aussi. Lançant le programme automatique il fit se remplir la baignoire d’une eau particulièrement chaude. Se dévêtant il posa ses vêtements civils  dans un compartiment réservé au linge sale et fit préparer une tenue de combat d’apparat pour la cérémonie.
Allumant ses hauts parleurs à nouveau il mit une musique venue du fond des âges.  Etirant sa nuque endolorie, il se plongea dans l’eau bouillante et parfumée du bain. Fermant les yeux, les bras pendant de chaque côté de l’antiquité, il appréciait ce moment de calme et de détente.

Aleph ouvrit le compartiment, appuyant sur les divers boutons que le schéma qu’il avait dans les mains indiquait. Ecoutant le silence autour de lui il regarda à nouveau le morceau de papier. Tout semblait comme noté. Sortant du local technique il s’approcha de la pièce, la porte s’entrouvrit en silence avec sa télécommande. La musique qui s’échappa du lieu semblait venue d’un autre temps.
Approchant silencieusement du bureau sans se faire remarquer il empocha l’arme qui s’y trouvait. Tirant de sa poche deux câbles il les brancha sur une des prises qui équipait le mur. Le générateur de camouflage commençait à montrer des signes de faiblesse et il savait qu’il n’avait plus guère le temps de finasser. S’approchant de la baignoire alors que son générateur commençait à grésiller il écrasa les câbles sur le fer au moment ou Armand ouvrait les yeux dans sa direction.
Il pu voir dans son regard l’incompréhension, la peur, le doute et la haine se succéder à mesure que son corps était traversé par le courant électrique qui traversait la baignoire et l’eau qu’elle contenait.
L’odeur nauséabonde de chair brûlée commençait à lui piquer les yeux. Il devait pourtant encore mettre en place le reste de son plan. Tout avait été préparé avec minutie, si il était devenu si vite le second d’Armand c’était pour ce travers qui lui valait d’organiser les choses avec perfection pensant aux moindres détails. La scène terminée il se recula, ramassa les câbles, observa, ne voyant aucune imperfection il se retira, referma la porte en silence et se glissant dans le local technique il réenclencha tous les contacts qu’il avait bloqué.

Sortant du local il s’approcha de la suite d’Armand. Toquant à la porte assez bruyamment il attendit mais ne voyant pas celle-ci s’ouvrir il fit appel à la sécurité qui fit ouvrir la porte par l’équipe technique. Cherchant à s’imposer au milieu de l’agitation ambiante il fit réunir la phalange pour une réunion de crise. Les conclusions de l’enquête se firent rapidement publiques et le suicide ne laissait aucun doute à personne avant même qu’il ne prenne la parole devant son auditoire.
Montant sur l’estrade avec le symbole de guide de la phalange prenant la place qui lui était du suite à la disparition d’Armand il s’approcha du micro et demandant le silence, d’un ton grave et solennel s’adressa à ses hommes.

« Comme vous le savez, Armand a mis fin à ses jours. Il laisse une lettre qui ne manque pas de nous exposer les raisons de son geste. Comme vous vous en doutez, je préfère faire taire les rumeurs. Contrairement à ce qui est dis, Armand ne nous avait pas abandonné. Il ne désirait pas dissoudre la phalange et tout manquement à sa mémoire sera puni d’une sanction mortelle. Si Armand a décidé de mettre fin à ses jours cela concerne des raisons personnelles qui ne doivent pas entacher l’honneur qu’il nous avait fait de nous prendre sous son aile. Comme le veut notre organisation je prends ce jour les responsabilités et la place d’Armand. En sa mémoire nous érigerons une statue devant le complexe. Il est important que si vous ne désirez pas me suivre avec la même loyauté que vous avez pu donner à Armand vous quittiez la phalange. Notre mission reste la même, propager et répandre la révolution dans la galaxie. Aider tous les peuples opprimés et utiliser les fonds de la phalange pour que notre action soit plus forte de sens et se place sur une scène un peu plus politique.
Vous le savez cela fait des années que nous affrontons l’oppresseur, que notre lutte n’est pas vaine et que de nombreux témoignages nous montrent à quel point notre action est utile pour le bien des opprimés. Au nom d’Armand nous devons continuer et surtout où qu’il soit le rendre fier de ce que nous accomplissons. »

Une fois son discours prononcé, les hourras des hommes derrière lui, Aleph se dirigea vers ses quartiers. Il devait réorganiser de nombreuses choses maintenant qu’Armand avait disparu. Prenant le document qu’il avait dans la poche, il commença à rayer les actions déjà entreprises.
Quelques jours plus tard sur les écrans tournaient la nouvelle publicité de la phalange. Aleph regardait son image et les missions qui commençaient à s’accumuler montraient qu’il avait eu raison de prendre sa décision. Levant son verre de whisky au ciel il trinqua avec l’air en souriant la publicité en bruit de fond.

« La révolution c’est une affaire sérieuse. La phalange révolutionnaire a toujours mis ses talents au service des opprimés. Armand a fait de nous une force sur laquelle il faut compter, et tous les oppresseurs savent qu’ils risquent de nous affronter s’ils font du mal aux faibles.
Comptez sur nous pour vous aider, pour venir vous donner la force et la puissance nécessaire à mener à bien tous vos combats. Je suis Aleph, l’élève d’Armand et je serais votre seul et unique interlocuteur.
N’oubliez pas, Aleph ! La révolution est une affaire sérieuse, elle ne se laisse pas bâillonner et on ne peut la contraindre. A bas l’oppression ! »

 

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