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A mourir de peur

L’inspecteur Roussel n’arrivait plus à supporter cette enquête. Plusieurs semaines d’une traque impossible et toujours aucun indice permettant d’identifier le coupable. Lorsque le premier appel était arrivé, il avait d’abord cru à un vulgaire accident. Un homme qui se retrouve enfermé dans une cave sombre et inutilisée depuis de nombreuses années ça peut arriver. Si l’homme en question est arachnophobe et que la cave est remplie de ces charmantes petites bêtes on peut imaginer la terreur qui a déclenchée la crise cardiaque fatale. Un banal concours de circonstances comme on dit. Malheureusement cette affaire n’était que le début d’une suite de morts inexpliquées et inexplicables dans lesquelles il ne trouvait plus ses petits. Le suivant sur la liste ressemblait lui aussi à un vulgaire accident. La femme qui avait trouvé la mort dans un ascenseur en panne alors qu’elle était claustrophobe ça n’avait aucune raison d’arriver sur son bureau. Ce qui avait mis la puce à l’oreille de sa hiérarchie était qu’il n’y avait strictement aucune trace ou empreinte sur les boutons de l’ascenseur ce qui dans un immeuble de bureau est on ne peut plus suspect. De plus la jeune femme avait fréquenté le même établissement que l’homme de la cave. C’était suffisant pour diligenter une enquête un peu plus approfondie. De plus les deux "accidents" n’étaient séparés que d’une semaine jour pour jour. Et presque heure pour heure quant à la découverte des cadavres.

Roussel se frotta les yeux. Le scintillement de son écran d’ordinateur le gênait. Dans son bureau aux stores fermés il essayait de trouver un lien entre toutes les affaires qui commençaient à s’empiler dangereusement. Depuis plusieurs jours il n’arrivait plus à trouver le sommeil. Il lui fallait découvrir le lien, coûte que coûte. Mais même le café commençait à ne plus faire effet face à son état de fatigue. Attrapant une de ses agaçantes balles antistress, il commença à la triturer en tentant de faire le point une fois encore.

Le troisième mort était déjà un peu plus curieux. L’homme avait été attaché avec des cordes, allongé dans une chambre froide. Le meurtrier avait coupé le thermostat et avait déversé des litres de sang tout autour de la victime. Roussel avait découvert ce jour-là l’hématophobie ou peur du sang. Il n’avait jamais imaginé qu’on puisse mourir simplement d’une crise aigüe à cause de quelques litres de sang. Mais il semblait que celui qui était derrière tout ça savait très bien ce qu’il faisait. Même mieux, il avait choisi ses victimes spécifiquement en sachant qu’elles pouvaient mourir de ces crises de phobie. Ce qui signifiait que la personne derrière tout ça devait les avoir connu lors de leurs séjours médicaux par exemple. Mais après avoir croisé et recroisé toutes les listes du personnel et fait des enquêtes minutieuses, il n’avait toujours pas trouvé la moindre preuve venant étayer ses réflexions. D’autant plus que les rares membres du personnel qui étaient communs avaient de très sérieux alibis pour la plupart des meurtres. Bien entendu il avait fouillé aussi la vie personnelle des trois victimes, mais rien ne pouvait les relier. Et l’affaire prenait de telles proportions à ce moment-là que ses supérieurs lui demandèrent de mettre les bouchées doubles pour essayer de la résoudre.

Lorsqu’arriva la description de la mise en scène du quatrième meurtre il se rendit compte qu’il avait affaire à ce que les médias nommaient un tueur en série. Trop de similitudes, et pourtant encore une fois une scène qu’on ne pouvait imaginer à moins d’avoir un esprit tordu… La femme avait été trouvée ligotée dans un studio d’enregistrement. Un casque hors de prix sur les oreilles passant en boucle des bruits de tonnerre. Ses yeux avaient été bandés avec une lanière de tissus épaisse de manière à ce qu’elle n’ait aucun repère visuel. Son cœur là encore avait probablement lâché après une crise violente à en croire les meurtrissures que les liens avaient faits sur sa peau. Ce jour-là il avait découvert une nouvelle phobie qu’il ne connaissait pas. La brontophobie. Comment pouvait-on avoir à ce point peur du simple bruit du tonnerre? A mesure que les cadavres s’empilaient sur son bureau son incompréhension allait grandissante. Qu’est ce qui pouvait un jour décider un homme à tuer ses victimes en poussant celles-ci dans les limites de leurs peurs.

Roussel sursauta. Il devait s’être assoupi un instant quand le téléphone vint le cueillir. Ces derniers jours le téléphone n’était pas l’objet qu’il appréciait le plus. Chaque fois qu’il sonnait c’était pour lui annoncer une nouvelle victime ou pour se faire remonter les bretelles. Dans tous les cas rien qui ne le remplissait de joie. Décrochant en soupirant il lâcha un allo des plus désabusé. Son attention revint instantanément lorsqu’on lui répondit. Claquant le combiné, il se leva d’un bond en attrapant sa veste et son revolver. Peut-être que le tournant de toute l’affaire venait enfin d’arriver. Passant la tête sans frapper dans le bureau de son collègue il le héla pour qu’il le suive sans plus attendre et s’engouffra dans le couloir du commissariat en direction de l’escalier principal. Arrivé à l’étage inférieur il entendit les ahanements rauques de son partenaire se rapprocher. Sans se retourner il lui fit part des dernières informations qu’on venait de lui communiquer. L’inspecteur Meluen s’arrêta dans sa cavalcade comme frappé de stupeur. Puis reprenant sa course il se mit à hauteur de Roussel sans arriver à parler.

Installé au volant de leur voiture Roussel reprit avec son acolyte les détails des différentes affaires. Meluen qui avait pris en cours de route se souvenait avec précision de la cinquième victime. Un homme qu’ils avaient retrouvé pendu à une sorte de palan au-dessus d’une piscine. Un moteur actionnait la corde et plongeait le corps régulièrement dans l’eau avant de le ressortir quelques instants après. Sa peur de l’eau avait eu raison de son cœur à l’instar des autres victimes. Tout comme celui retrouvé dans un vivarium rempli d’iguane et de reptiles non venimeux. Mais d’après les informations qu’il venait d’avoir, ils avaient surtout manqués certains détails sur les scènes de crime. Concernant les premiers ça n’était pas si étonnant vu que tout portait à croire à des accidents malencontreux. Par contre il commençait à pester contre les équipes qui avaient ratissées les scènes suivantes.

Une fois sur place Roussel sorti précipitamment de la voiture pour rentrer dans l’entrepôt. Une équipe était en train de passer au peigne fin la chambre froide de la troisième victime et l’un des hommes en combinaison intégrale s’approcha de lui pour le stopper. Il lui tendit la pochette plastique contenant le morceau de papier déchiré. Roussel le tendit en hauteur pour que l’ampoule qui pendait à un fil électrique au-dessus de lui l’éclaire par transparence. Il découvrit alors ce qu’on lui avait indiqué au téléphone. Le morceau de papier loin d’être un reste d’emballage comme il avait semblé de prime abord ressemblait plutôt à une affiche qui aurait perdu toute sa couleur à force de rester au soleil. Mais on pouvait encore presque lire quelques caractères imprimés. Meluen arrivé près de lui retira ses lunettes et tenta de lire les petites lettres.

– On dirait une affiche de cirque, ou de spectacle, enfin quelque chose avec un horaire dessus.

– En effet, mais ça semble particulièrement vieux. Par contre voilà un indice de choix. Il faut refaire examiner tous les lieux où les victimes ont pu être découvertes. Et vite, demain nous aurons probablement sur les bras un nouveau corps…

Roussel et Meluen retournèrent au commissariat confier le morceau de papier au service qui pourrait leur en apprendre un peu plus. Meluen s’installa sur l’angle du bureau de Roussel pendant que celui-ci faisait déplacer des équipes sur les autres lieux. Feuilletant les dossiers il survolait les informations qu’il avait déjà lu maintes fois espérant qu’un détail lui sauterait aux yeux. Malheureusement rien ne semblait vraiment pouvoir relier tous les meurtres entre eux sauf le mode opératoire et la mort toujours provoquées par une panique telle que le cœur des victimes avait cessé de battre. Retirant ses lunettes pour les essuyer Meluen afficha son manque de nouvelles idées d’un mouvement d’épaule et retourna dans son bureau. Roussel ferma les yeux quelques instants priant pour que le lendemain ne vienne pas ajouter un nouveau cas et pour que les fouilles des scènes de crime révèlent enfin des indices précieux.

Après avoir pris une bonne nuit de sommeil, Roussel arriva très tôt à son bureau. Sur son téléphone le voyant indiquant les messages clignotait de manière hiératique. Posant sa veste sur la patère à l’entrée il appuya sur le bouton avant même d’avoir retiré son arme de service de sa ceinture. Les messages s’enchainaient indiquant que des pièces supplémentaires du puzzle de papier avaient été trouvées sur chacun des lieux où les victimes étaient mortes. Maudissant le travail des équipes scientifique il descendit au labo voir si quelque chose était sortie durant la nuit. Regardant dans l’entrebâillement de la porte du bureau de Meluen il vit que celui-ci n’était pas encore arrivé et se dirigea seul vers l’ascenseur qui menait dans les profondeurs souterraines du bâtiment. Il n’entendit pas le dernier message de son répondeur qui lui demandait de se rendre en urgence sur les lieux d’une nouvelle victime du tueur.

Alors qu’il pénétrait le sas d’accès du laboratoire il remarqua l’un des assistants couché sur une banquette, épuisé. Saisissant le code d’accès il se rendit directement vers le bureau du responsable qui leva les yeux de son écran lorsqu’il toqua à la porte.

– Entre donc Roussel, j’ai des nouvelles pour toi. Toute mon équipe a fait une nuit blanche pour reconstituer le puzzle de tes petits papiers et je crois qu’on tient quelque chose.

Contournant le bureau pour s’installer derrière lui Roussel fixa l’écran.

– Voilà ce qu’on a pu faire.

A l’écran 6 petites formes déchirées avaient pris place pour former une sorte d’invitation à une attraction de fête foraine. Roussel regarda les couleurs passées que l’équipe avait tenté de faire réapparaitre ainsi que les mots qui se dessinaient.

– On dirait une sorte de publicité tu ne crois pas?

– Oui en effet c’est ce que nous avons cru déceler. Mais ce qui est étrange et le papier l’atteste, c’est que ton invitation est pour une séance ayant eu lieu il y a près de 40 ans au moins.

– 40 ans? Mais qu’est-ce que ça peut bien avoir à faire avec les meurtres?

– Ça c’est à toi de le découvrir j’en ai bien peur. Pour ma part mon rôle s’arrête à ça finit-il par dire en tendant l’impression agrandie du puzzle reconstitué à Roussel.

Regardant le document il pouvait désormais lire précisément le lieu et la date de l’invitation.

"Le grand Magicien Tardyss maitre de l’horreur vous invite à une expérience unique. Une expérience dont vous ne ressortirez pas indemne. Préparez-vous à mourir de peur!"

Suivait le lieu et la date du spectacle. Roussel se demandait pourquoi tout ceci lui semblait terriblement familier. Aussi se dirigea-t-il vers son bureau le papier encore sous les yeux. Arrivé à son étage il faillit percuter Meluen qui semblait affolé. Celui-ci lui fit part du message à propos d’un nouveau corps. Roussel soupira lourdement, il tendit le papier à Meluen lui montrant les trous qui semblaient encore présents. L’adresse s’avérait incomplète malheureuselent. Attrapant sa veste il s’élança en direction des escaliers pour rejoindre la voiture Meluen sur ses talons.

Arrivés sur place rien ne distinguait la petite maison au mur blanc de ses voisines dans le quartier résidentiel où elle se situait. Seul un cordon de police et les véhicules des forces de l’ordre présent autour du lieu et sur le chemin menant à la maison dénotaient. Roussel tendit sa carte à un policier de faction et passant sous le cordon se dirigea vers la maison où déjà les flashs crépitaient et où certains policiers en combinaison blanche prenaient des empreintes et relevaient des indices.

S’arrêtant à sa vue, un homme s’approcha de lui rapidement pour l’informer de ce qu’il devait s’attendre à voir. Levant un sourcil d’étonnement, il se tourna vers Meluen qui dans un geste d’impuissance sembla lui signifier qu’il ne comprenait pas non plus. Passant la porte d’entrée il découvrit la scène. Les rideaux étaient tirés, et une femme entravée se trouvait sur une croix de Saint André dans le salon. Les deux lourdes planches de bois appuyées contre une cheminée massive, elle était dévêtue et d’où elle se situait elle pouvait embrasser toute la pièce. Devant elle et tout autour des silhouettes monstrueuses allaient et venaient sur des rails et dans un assemblage complexe de mécanismes. L’homme venait de lui apprendre qu’on nommait la peur des monstres tératophobie et que c’était vraisemblablement la cause de la mort de cette femme. Observant le passage des monstres il remarqua que certains possédaient des sortes de petites baguettes attachées. L’une d’elle appuyait régulièrement sur la lumière du salon, éteignant et allumant la scène tandis que d’autres frottaient le corps nu de la jeune femme. Dans le noir il remarqua que certains monstres se mettaient à briller et que leurs formes devenaient encore plus monstrueuses et terrifiantes. Il se prit même à suffoquer légèrement à la vue d’une sorte de clown grotesque aux dents improbablement longues et acérées. Voilà que sa propre peur venait à se mêler à l’enquête. Observant du coin de l’œil Meluen il vérifia qu’il n’avait pas remarqué son brusque accès de tension et se retourna vers la porte d’entrée bien décidé à laisser croire qu’il en avait assez vu.

L’homme qu’il avait croisé en arrivant tenait dans ses mains un petit bout de papier sous pochette plastique que Roussel enfourna dans sa poche précipitamment avant de retourner au poste. Sans perdre un instant il confia le tout à l’équipe du laboratoire et s’installa un café fumant dans les mains sur la banquette où l’un des scientifiques dormait quelques heures plus tôt. Le responsable vint lui tendre une nouvelle impression encore plus grande de la publicité avec le morceau de l’adresse manquant. Prit d’un subit regain de mémoire il retourna dans son bureau et ouvrit le dossier auquel il pensait.

Tous les détails étaient là. Tout sauf la raison de ce macabre jeu de piste. Voilà 40 ans tout juste un homme avait trouvé la mort dans une attraction foraine à l’adresse exacte de l’invitation. L’enquête avait conclu à un arrêt cardiaque provoqué par la peur, soit un bête accident. Mais malgré tout l’attraction avait été fermée et placée sous séquestre. Peu de temps après toutes les attractions autour s’étaient arrêtées par manque de visiteurs et bientôt le lieu était devenu une zone morte. Pour diverses raisons, il était resté en l’état depuis lors et tout menait désormais vers cet endroit. Si Roussel se souvenait aussi bien de l’affaire c’est qu’il avait participé à l’arrestation du fameux magicien. Un homme qui s’était suicidé pendant sa garde à vue peut être par sa faute. A l’époque on ne faisait pas autant attention aux prévenus et l’homme avait simplement sauté par la fenêtre entrouverte de la salle d’interrogatoire. Désormais les barreaux et la climatisation empêchait pareille mésaventure, mais Roussel en avait été ébranlé. Au point de suivre une thérapie qui lui avait permis de continuer son travail. Tapotant nerveusement son bureau il appela son collègue et lui indiqua juste qu’ils avaient un rendez avec des fantômes du passé. Meluen était plus jeune que lui et à l’époque où tout ceci était arrivé il ne devait être qu’un gamin. Il préféra laisser sous silence ce qui ne concernait pas directement le lieu où ils se rendaient.

Approchant de la vieille fête foraine Meluen le questionna un peu sur leur destination. Roussel entreprit de parler de l’attraction mortelle mais passa sous silence le suicide du forain qui la tenait. Se garant aux abords des grandes grilles qui fermaient désormais la zone il se dirigea vers elles et remarqua que le cadenas qui devaient maintenir les grilles fermées pendait sectionné. Il sortit son arme et fit signe à Meluen de se tenir sur ses gardes. Entrouvrant le passage dans un grincement aigu il s’avança dans la terre battue de l’entrée du terrain de foire. Les stands semblaient avoir été abandonné à la hâte, divers objets pour la plupart dans un état de détérioration avancée se trouvaient encore pendus de ci de là. Et divers bruits de métal grinçant semblaient combler le silence du lieu. Utilisant son souvenir des lieux il bifurqua sur la droite et remonta le chemin entouré de nombreuses petites cahutes toutes plus déglinguées les unes que les autres. Remarquant une lueur suspecte sur sa gauche il s’enfonça entre deux planches de bois délimitant un stand couvert par l’ombre du lieu. Il perdit de vue Meluen qui continuait sur le chemin de terre. Et se collant à la paroi il se pencha en avant légèrement pour voir d’où venait la lueur. Une vieille enseigne en ferraille pendait à une chaine à moitié rongée par la rouille. La lune venait percuter la plaque et s’y reflétait par intermittence.

Retournant sur le chemin de terre il ne vit plus Meluen qui semblait avoir disparu. Jurant à voix basse il pressa le pas en direction de la longue tente en plastique où le drame avait eu lieu. Entendant un bruit sourd et un cri étouffé, il se mit à courir. S’arrêtant un instant face à la toile en piteux état il écouta les bruits alentours. Avançant lentement il fit pénétrer le canon de son arme par l’entrebâillement des deux rideaux en plastiques qui fermaient l’entrée. Sa respiration se fit plus saccadée, l’adrénaline augmentant son attention. Plongeant dans la pénombre il sortit de sa poche la torche qu’il gardait toujours sur lui. L’allumant en la dirigeant vers le sol caillouteux il fit naviguer son halo lumineux autour de lui. Des morceaux entiers du chapiteau semblaient pendre tout autour. Provoquant une sensation de confinement désagréable.

Entendant un bruit étouffé il crut reconnaitre un homme bâillonné. Repoussant un pan de plastique il pénétra au cœur de la tente. Une lumière diffuse semblait couler depuis les trous dans le toit. Sa lampe torche se mit à vaciller puis s’éteignit d’un coup. Pestant et tapotant le compartiment à pile il la laissa tomber dans un bruit sourd. Il entendit un rire à glacer le sang, et vit au milieu une chaise sur laquelle une forme sombre et cagoulée ne bougeait pas. Roussel prudemment fit un pas en avant quand il aperçut sur sa gauche une forme colorée qu’il reconnut aussitôt. Respirant plus difficilement il tenta d’identifier ce qui semblait être un clown. Son cœur se mit à battre de manière affolée. L’ombre colorée passa sur sa gauche, il fit feu dans sa direction et sa balle explosa une surface miroitante qui tomba en une pluie de verre. Se tournant il vit le clown tout proche qui lui souriait. Reculant en trébuchant il tira encore et encore. Plus il vidait son chargeur plus son affolement allait croissant. Les miroirs explosant les uns après les autres. Tout à coup il se sentit suffoquer. Tentant de reprendre sa respiration il ouvrit le col de sa chemise. Une sueur glacée courrait le long de sa colonne vertébrale.

Pris d’une panique inexplicable son cœur s’emballa. Ses doigts crispés continuaient d’appuyer sur la gâchette qui ne déclenchait plus rien depuis longtemps. Le clown semblait l’entourer maintenant, le regardant à mesure qu’il se recroquevillait sur lui-même. Sa coulrophobie était en train de le tuer et il n’y pouvait rien. Son cœur explosa alors qu’il tentait vainement de respirer quasiment allongé sur le sol froid.

Meluen frotta le maquillage autour de ses lèvres et alluma une cigarette alors même que Roussel venait de rendre son dernier souffle. 40 années qu’il préparait sa vengeance. Il était bien le descendant du maitre de l’horreur. Son père pouvait être fier de lui.

Commentaires

  1. Nouvelle sur le thème de la phobie