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L’infiltré

Tout juste sorti de l’école de police, Edgard Milnius intégra un service qu’il avait choisi grâce à sa position de major de promotion. Un service à la marge, celui des policiers infiltrés. Ses états de service à l’école lui permirent d’intégrer l’unité avec rapidement quelques missions à la clé. Jusqu’au jour où son responsable direct et unité de liaison lui demanda de se laisser pousser les cheveux pour une nouvelle mission. Milnius toujours prompt à accepter les ordres fit le nécessaire et un an après cette demande il recevait un dossier complet qui allait chambouler ses certitudes et sa vie.

Comme tout bon infiltré Edgard était un célibataire endurci. Impossible de faire durer des missions parfois plusieurs années avec une vie de famille à côté. Il se donnait corps et âme à son travail et même si parfois il franchissait les lignes blanches il le faisait avec la certitude que c’était pour le bien de tous. Son travail était chaque fois encensé par sa hiérarchie lui prouvant qu’il avait trouvé sa voie. Lorsqu’il prit possession du dossier il se rendit dans son bureau. Il avait l’habitude d’étudier tous les éléments en s’enfermant afin de bien s’imprégner de l’affaire avant de se constituer une identité pour faire son travail. Le dossier était épais, de nombreux noms apparaissaient et de nombreux lieux étaient décrits. L’affaire était délicate. Dans le domaine de la musique métal, un groupe avait été identifié comme organisation criminelle. Rien ne le choquait dans cette information jusqu’à ce qu’il tombe sur les accusations pour lesquelles on manquait de preuves. Un haut le cœur le prit alors qu’il feuilletait les rapports d’autopsie.

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L’influx de vie

L’alarme du bloc éveilla Edgard. Comme tous les habitants il se leva, passa dans la salle de bains et se prépara. Il se rendit ensuite dans la cuisine et fit couler du robinet la boisson complète qu’il devait prendre avant d’attaquer le travail. Buvant le liquide ambré et poisseux il déposa le gobelet dans l’orifice de recyclage. Chaque portion était comptée et mesurée. Tout manquement au règlement de vie pouvait entrainer des sanctions et Edgard n’aimait pas les sanctions.

Depuis la révolte Droïdique le monde avait bien changé. Un gouvernement mondial s’était mis en place et avait organisé le monde de manière très stricte et très claire. Lorsque des enfants naissaient, ils étaient emmenés par les services sanitaires vers la colonie africaine. Le continent était une vaste garderie dans laquelle les enfants étaient élevés et éduqués. Les maladies étaient contrôlés de manière stricte et la moindre épidémie circonscrite rapidement par les droïdes qui s’en occupaient. La période d’éducation était nommée « l’élévation ». Il n’y avait plus ni appartenance religieuse, ni ségrégation raciale. Tous les enfants humains étaient sur un même pied d’égalité. Lors de l’élévation, les comportements étaient analysés. La société dans son ensemble nécessitait beaucoup de respects pour les règles mises en place par le gouvernement mondial. Ceux que l’on appelait les rebuts étaient ceux qui avaient fait montre de violence ou de difficulté à s’adapter à la vie en communauté. Ils étaient éloignés des autres rapidement et envoyés dans les colonies Asiatique et Slave.

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L’envol de l’ange

Le sheriff Mc Duffy était assis sur le capot de son véhicule de patrouille sirotant un soda pétillant. La journée était chaude et sèche bien loin des derniers jours. Depuis l’évasion de Brody Milton la météo semblait folle. L’affaire avait fait grand bruit dans le comté, un homme qui disparait de sa cellule sans laisser de trace a toute les chances d’affoler l’opinion publique. Le seul indice trouvé sur place était une plume. Mc Duffy avait fait venir la police fédérale, ses propres hommes n’étant pas assez qualifiés pour mener une telle enquête. La seule certitude qui était ressorti des rapports était que la plume venait de la literie de l’homme. Mais cette plume avait beaucoup fait parler d’elle. Dans les journaux locaux on parlait de l’envol de l’ange. Une partie de la population mi-superstitieuse mi-croyante avait fait de l’homme une victime innocente qui aurait été sauvée de cet emprisonnement abusif.

Mc Duffy se rappelait quand il avait interpellé Milton, l’homme sous acide venait de poignarder un passant dans une ruelle. Ses mains couvertes de sang ne laissaient aucun doute sur son implication. Certes il n’avait jamais trouvé l’arme du crime mais ça ne prouvait pas son éventuelle innocence. Milton n’avait pu faire aucun aveu, la drogue l’ayant totalement dépourvu de souvenirs lors de la nuit du meurtre. Le travail de Mc Duffy avait permis de mettre en évidence que les traces de sang venait bien de la victime et qu’elles correspondaient bien à des coups portés par une arme blanche. Suffisamment de preuves indirectes pour mener Milton en prison pour au moins 30 ans. Pourtant dès le départ des voix s’étaient élevées pour dire que Milton était victime d’un malheureux concours de circonstances.  Il fallait avouer que le comté était un lieu plutôt calme et que les gens avaient tendance à croire que des crimes aussi horribles ne pouvaient être l’œuvre que d’étrangers.

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De l’autre côté du miroir

La première fois que Léon avait ressenti cette étrange sensation il avait cru à un rêve. Un cauchemar serait plus précis à vrai dire. Il s’était éveillé face à son miroir en pied. Un magnifique objet dont les origines étaient incertaines. Mais le plus étrange n’avait pas été sa position, plutôt le fait que tout semblait à l’envers autour de lui. Les meubles n’étaient pas à leur place et lui-même avait l’impression de perdre la tête. Fort heureusement le malaise n’avait pas duré longtemps et dans un battement de cils il avait retrouvé ses repères. Sa chambre, ses meubles, tout à la place qu’il connaissait bien.

Léon aimait chiner, il avait quelques entrées dans des boutiques d’antiquités qui lui permettaient de dénicher des objets parfois extravagants. C’est ainsi qu’il était entré en possession de ce miroir sur pied. Un magnifique miroir ouvragé, dans un métal poli très difficile à identifier. D’un noir profond et brillant il semblait comme absorber la lumière. Léon était tombé en admiration dès qu’il l’avait aperçu. Il avait dû user de ses charmes et de ses ressources conséquentes pour arriver à l’acquérir. Pour une raison inconnue, le vendeur ne souhaitait pas s’en séparer. Prétextant qu’il était là depuis toujours, comme s’il faisait partie intégrante des murs de la boutique. Mais chaque objet à un prix, et chaque homme aussi, ce qui permit à Léon de devenir l’heureux propriétaire de ce magnifique objet. Le fer était martelé et ciselé en des arabesques improbables et totalement dérangeantes. Lorsqu’on regardait le miroir on avait presque l’impression qu’il bougeait, du moins que le métal était vivant. Cerclé par une fine bordure métallique on pouvait y lire une sorte d’inscription dans une langue absolument incompréhensible. Léon avait tenté plusieurs fois de faire décrypter celle-ci mais personne ne semblait pouvoir y arriver. Jusqu’à ce cauchemar terrifiant.

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La princesse inaccessible

Il était une fois une princesse qui vivait dans un royaume enchanté. Elle avait tout ce qu’elle désirait, mais se lamentait. Aucun des princes qu’elle avait rencontré n’avait fait battre son cœur. Et ses parents inquiets commençaient à se faire pressants pour qu’elle trouve un fiancé. Eléonore car tel était son nom s’enfermait souvent dans sa chambre et accoudée à sa fenêtre rêvait d’un prince qui saurait la rendre heureuse.

Comme souvent, une invitation arriva au château, la reine d’un royaume proche organisait une fête et toutes les familles royales étaient invitées à s’y rendre. Eléonore n’avait aucune envie d’y aller, mais devant l’insistance de ses parents elle s’y rendit à contrecœur. Juste avant de partir son père lui parla.

–          Ma petite fille, tu as bien grandi. Tu sais que nous ne vivrons pas éternellement, et il te faut trouver un mari. Je t’en conjure, n’éconduis pas tous les princes que tu croiseras ce soir. Essaye de faire connaissance, et puis peut être feras tu une belle rencontre?

La jeune femme haussa les épaules. Ces petites fêtes se terminaient toujours de la même façon. Son père lui faisant la morale dans le carrosse lors du retour au château.

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J’ai fait un rêve

J’ai fait un rêve! Oui je sais ce que vous pensez, et alors? Alors, cela fait maintenant deux ans jour pour jour que je n’ai plus fait un seul rêve. Depuis l’enterrement de Maman pour être exact. J’avais huit ans quand elle est morte. Une maladie aussi définitive que brève. A peine le temps de se dire adieux qu’elle n’était déjà plus là. Je me souviens encore avoir vu rentrer Papa dans ma chambre. Je ne l’avais jamais vu pleurer. Mais ce jour-là, comme un petit enfant, il est entré en pleurant. Il s’est assis sur le lit, juste à côté de mes jouets. Il m’a regardé. Et j’ai su! Oh oui j’ai su, il ne faut pas prendre les enfants pour des imbéciles vous savez? Alors c’est moi qui l’ai pris dans mes bras et qui ai tenté de le consolé. Ce jour-là nous avons silencieusement fait un pacte lui et moi. Le pacte de vivre, non pas de survivre mais de vivre, pour Maman.

Pourquoi je vous dis tout ça? Parce que depuis ce jour je n’ai pas fait une seule nuit sans cauchemars. De toutes les sortes, des petits, des grands. Des horribles qui m’ont tenu éveillé jusqu’au petit matin, des courts mais qui revenaient dès que je fermais l’œil à nouveau. Les premiers temps j’ai beaucoup pleuré lorsque je me réveillais la nuit. Hurlé aussi, plus d’une fois. Papa a essayé de m’aider mais sans grand succès. Il me réconfortait, mais la nuit suivante ça recommençait, encore et encore… J’ai cru devenir fou. D’ailleurs on m’a forcé à aller voir un docteur. Il devait m’aider à gérer mes angoisses. Mais la seule chose qu’il a réussi à faire c’est à se faire détester. Il voulait que j’enterre Maman de mon esprit. Qu’elle disparaisse un temps de ma mémoire. Mais ça aurait été la perdre une deuxième fois, et ça je n’en étais pas capable. Alors je l’ai expliqué à Papa. Et il m’a compris. On a essayé ensuite des méthodes plus douces, de reprendre un rituel avant d’aller se coucher. Même de me laisser veiller tard parfois. Mais rien n’a jamais vraiment marché malheureusement. Sauf que petit à petit, j’ai appris à gérer ces cauchemars. Ils continuaient à me réveiller la nuit bien entendu, mais je savais qu’ils n’étaient rien d’autre que des mauvais rêves. Et puis surtout ils me permettaient de revoir Maman.

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Le mouchoir de déshonneur

Le petit mouchoir blanc semblait suspendu. Comme un papillon se laissant glisser sur l’air, il flotta quelques instants avant d’atterrir devant ses pieds. Arthur se baissa pour le ramasser délicatement. Dans la foule qui le précédait impossible de savoir à qui il appartenait.

Le portant vers ses yeux pour mieux le regarder il emplit ses narines d’un doux parfum sucré. Des initiales étaient brodées, ainsi que des armoiries. D’une blancheur virginale le lin s’était tâché au contact du sol. Arthur leva les yeux, essayant d’imaginer qui pouvait bien être le ou la propriétaire. La foule dense se croisait et se mélangeait lui faisant tourner la tête.

Le pliant avec délicatesse il le mit dans sa poche et se rendit à son rendez-vous avec le Duc. Leurs affaires réglées, il sortit le mouchoir et le montrant, demanda:

–          Sauriez-vous à qui peuvent bien appartenir ces armoiries?

Le duc chaussa des verres de lecture.

–          Et bien je crois que ce sont celles de Madame de Fornelle. Laissez-moi voir je vous prie.

Approchant le mouchoir de ses yeux il le présenta aux dernières lueurs de la journée.

–          Oui en effet je vous confirme, ce sont les armes de la famille Fornelle, et les initiales correspondent.

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La vérité sur la mort de Kennedy

Tremblements

La découverte récente sous forme de testament des confessions de Marcus Blomsfield apporte une toute autre lumière aux événements survenus le Vendredi 22 Novembre 1963. Afin de ne pas dénaturer ce récit, nous avons décidés de vous en offrir des extraits exclusifs. La suite à paraitre dans un livre événement qui racontera en détails tous les tenants et aboutissants d’une affaire qui aurait pu rester mystérieuse encore longtemps.

Extrait de l’introduction:

« Moi Marcus Blomsfield je jure sur ce que j’ai de plus précieux que les événements relatés dans ce testament sont parfaitement réels. J’ai longtemps travaillé pour le gouvernement des Etats Unis d’Amérique. Et lors des événements de 1963 je travaillais dans un service secret dont seul le président des Etats Unis avait connaissance. Nous étions sous son contrôle et à son service exclusif. »

Une enquête minutieuse nous a permis de confirmer que Marcus Blomsfield était affecté à un service rapproché du président Kennedy jusqu’aux événements. Il a ensuite été réaffecté aux services secrets après les résultats de la commission d’enquête Warren.

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Ainsi naquit le père Noël

Cette histoire commence à une époque depuis longtemps oubliée. Ce que nous appelons légendes de nos jours existaient bel et bien. Fées et lutins n’étaient certes pas courants mais on pouvait encore les croiser dans la nature de temps à autre. Dans le Nord de l’Europe vivait un brave homme du nom d’Einhart. Il vivait dans un petit village de pêcheurs et de chasseurs. Subvenant aux besoins de sa famille en chassant principalement. Les hivers étaient longs et rudes et le gibier venait à manquer. Aussi avait-il appris à utiliser son temps pour fabriquer des objets en bois. Il avait même un certain talent, de sorte qu’on lui demandait parfois de construire meubles ou outils pour la communauté. Sa vie était rythmée par sa fille de 3 ans et son épouse qui était tombée enceinte peu avant l’hiver.

Cette année-là, l’hiver était plus rigoureux encore que les autres années. La nourriture venait à manquer et le froid était si rude que sortir était une torture. Un blizzard glacé recouvrait la région, et les villageois ne récoltaient qu’engelures et morts depuis des jours. Einhart qui fabriquait un cheval à bascule pour sa première née fut appelé par les hommes du village pour se joindre à eux. Un troupeau de rennes avait été aperçu plus loin au Nord aux abords des limites de leur territoire de chasse et ils s’apprêtaient à se lancer à leur poursuite pour nourrir le village.

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Insomnie

J’étais un bon flic. Un de ceux dont les états de services servent d’exemple pour tous. Aucune bavure, aucun problème. Je n’ai jamais eu à me servir de mon arme pour une intervention. Jamais jusqu’à cette nuit-là. Nous étions partis après un homme qui avait tenté de braquer une épicerie. Rien de très exceptionnel pour nous. Nous avions été obligés de nous séparer avec mon co-équipier et je m’enfonçais dans une ruelle quand je me suis trouvé nez à nez avec cet homme. Enfin ce gamin, pas plus de 20 ans à tout casser, affolé, il tremblait de tous ses membres. J’ai sorti mon arme pour faire les sommations, c’est ainsi que l’on fait habituellement…

Oui mais voilà rien n’a marché comme pendant notre formation. Cet imbécile a mis la main dans sa poche. Et lorsqu’il l’a ressorti, un truc s’est mis à briller sous la pauvre lumière du lampadaire de la rue. J’ai tiré, sans sommation, comme ça, de sang-froid. J’ai tiré parce que j’avais peur. Parce qu’on nous a conditionnés pour le faire en situation de stress. Comment j’aurais pu savoir qu’il sortait son Zippo de sa poche? Comment j’aurais pu savoir que ça n’était pas le bon?

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