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Concours du site jesuisecrivain.com d’Août 2009

Voici le thème du mois d’Août:

Voici donc le point de départ :

« La cité frémissait des préparatifs de la Fête de la Seconde Lune.
Partout, on s’agitait pour célèbrer dignement l’événement. Chacun,
selon son espèce et sa culture, décorait sa demeure et élaborait un
menu allêchant. Baruch Jorgel semblait pourtant insensible à cette
joyeuse ambiance. Ses préparatifs étaient d’une autre nature : il
avait bien l’intention de profiter des festivités, et du désordre
qu’elles occasionneraient, pour pousser plus loin son enquête et
tenter de découvrir le secret du  du Grand Pectran… »

Il ne s’agit pas, ici, de mener l’enquête à son terme… mais de décrire « les préparatifs de la fête », de présenter les différentes « espèces » auxquelles appartiennent les citoyens, de présenter Baruch Jorgel (physiquement et psychologiquement) et d’expliquer rapidement ce qu’est le « Grand Pectran »…
2000 mots nous semble être le minimum nécessaire pour y parvenir…
Petite précision (pour les curieux et les érudits), Baruch Jorgel est le héros d’un roman de Gustave Le Rouge : « Le mystérieux docteur Cornélius » (publié en feuilleton par La maison du livre, à Paris, en 1912 et 1913. Une excellente adaptation télévisuelle sera réalisée en 1984 par Maurice Frydland, avec Gérard Desarthe, Jean Bouise et Hugues Quester)… Mais cela n’aidera, en rien, les participants au concours  !!!
Bon courage…et bonne chance!!!

La page des participations est ici.
Et voici ma participation au concours de ce mois ci.
Comme d’habitude n’hésitez pas à aller lire et voter pour vos textes préférés.

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Pour l’instant sa seule piste le menait dans le quartier du marché de la cité, quartier qui était le plus en ébullition à cette période de l’année, tous les habitants semblant s’être donnés pour mission de faire leurs emplettes à la dernière minute afin de célébrer comme il se devait l’événement.
Il comptait reprendre ses investigations au petit matin quand les chalands seraient les moins nombreux, à l’heure ou les étals sont encore en train d’être installés par les marchands. Il avait prévu quelques pièces dans le but de soudoyer des témoins ou du moins de monnayer des renseignements intéressants qui pourraient peut être le mener au terme de sa quête.
Alors que la nuit tardait à le prendre dans ses filets Baruch se souvenait de la fête de la Seconde Lune, quand il était enfant et qu’il vivait à la ferme avec ses parents, c’était un jour de fête comme celui ci qu’il découvrit les pouvoirs qu’il possédait, un jour qui devait à jamais changer sa vie.

Sa mère venait de rentrer du jardin, dans son panier toute sorte de légumes, les préparations culinaires de la fête de la Seconde Lune sont les mêmes depuis des générations et il se souvenait encore bien des années après alors même qu’il n’en faisait plus cas lui même de ce qui était nécessaire.
Afin de célébrer l’astre une tarte ronde devait être dressée au centre de la table, on disait que les pommes de terre du plat étaient censées représenter l’attachement à la terre, et aux racines, la galette qui accompagnait la purée de carottes était l’astre de la nuit qui se nourrissait du sang des braves qui combattaient en son nom.
La sauce de tomates était elle le sang des non croyants, de ceux qui avaient perdus la foi en la déesse, la mère de tous, qui avait pris corps dans l’astre lumineux et qui veillait maintenant sur ses enfants peuplant le monde.
Les recettes variaient parfois, il se souvenait avoir vu une famille de gobelins remplacer les tomates par des tubercules plus faciles à faire pousser dans leurs terriers sombres et malodorants. Mais une chose était tout le temps la même, toutes les races intelligentes qui vénéraient l’astre se devaient de ne pas manger de viande ce jour là.
Le respect de la nature et de sa beauté sans égal devait s’exprimer dans le respect de la vie et ce quelle que soit la vie en question. Il était fascinant de voir chaque année à la même période les conflits que portait cette planète cesser, les combattants qui s’étripaient le jour d’avant se serrer la main et préparer ensemble les mets consacrés, sachant pertinemment que le lendemain peut être ils tueraient ou seraient tués par leurs compagnons de repas.

Baruch ne croyait plus à tout ça, des années qu’il n’y croyait plus, en fait depuis ce jour maudit où son pouvoir s’était révélé… Comment croire en une déesse qui le jour de sa célébration pouvait laisser commettre pareille abomination?
Le rictus de douleur à l’évocation de ses souvenirs le fit se relever accoudé sur un bras il regardait par la fenêtre, la lune presque pleine qui semblait le narguer, sentant monter la rage en lui il sauta du lit et fit un brin de toilette. Après tout à quoi bon attendre le lendemain, peut être trouverait il un ivrogne avachi dans le quartier qui serait plus enclins à trop en dire que n’importe quel marchand cupide.
Sortant de l’auberge aussi silencieux qu’un chat il se fondit presque instantanément dans les ombres l’entourant, usant de son pouvoir de dissimulation il se dirigea vers la place du marché. Alors qu’il traversait un croisement il se rendit compte qu’un homme était appuyé contre le mur de la ruelle à sa gauche qui partait en face de l’auberge. Cet homme semblait dormir mais il n’en était rien, il eu même la désagréable impression qu’il le voyait alors qu’il était parfaitement invisible. Afin de juger de son impression il s’enfonça dans la ruelle sur sa droite, prenant soin de disparaître totalement à la vue de l’homme, si il le voyait et si il le suivait alors il devrait se glisser tôt ou tard ici même et alors il aurait la confirmation de ses doutes. Sautant prestement il pris appui sur le rebord d’une fenêtre avec ses mains pour se glisser dans l’ombre des murs d’une vieille bâtisse. D’où il se trouvait il avait une vue parfaitement dégagée de la ruelle et comme il s’y attendait l’homme n’était plus appuyé contre le mur.
Dégainant sa lame huilée pour la rendre plus silencieuse, il laissa monter en lui son pouvoir. Ses yeux se voilèrent et l’instant suivant la ruelle avait pris une toute autre couleur au travers de ses pupilles dilatées. Il voyait distinctement l’homme qui avançait dans la ruelle, le cherchant avec discrétion, la forme de son corps et la chaleur de celui ci lui apparaissant très clairement. Ne sachant si cet homme possédait un pouvoir similaire au sien ou si sa sortie de la taverne sans précautions particulières était la raison de cette chasse, il entreprit d’user d’un autre pouvoir lui permettant de faire baisser sa température corporelle, le rendant invisible à ceux qui possédaient le même pouvoir que le sien.

L’homme se trouvait désormais sous Baruch, il semblait décontenancé, en effet il devait posséder quelque chose qui lui avait permis de le voir entrer ici et ne comprenait pas pourquoi il l’avait ainsi perdu de vu. Avançant dans la ruelle un peu plus, il se rendit compte que Baruch n’aurait pas eu le temps ni de cachettes pour aller bien plus loin que l’endroit où il se trouvait. Alors qu’il cherchait dans les hauteurs son regard tourna dans la direction de Baruch et celui ci pu voir la luminescence caractéristique qui faisait briller d’un éclat écarlate les yeux de l’homme. Les soupçons de Baruch étaient fondés. S’appuyant sur son propre pouvoir il fit à nouveau un tour de la ruelle pour être sur de ne pas avoir raté la présence de quelqu’un ou quelque chose qui pourrait le trahir.
Puis s’étant rassuré sur le fait qu’ils étaient les deux seules créatures vivantes aux alentours, il se laissa tomber avec souplesse la lame pointée vers le sol, celle ci s’enfonçant avec facilité dans la poitrine de l’homme lui faisant rendre son dernier soupir sans un bruit.
Après s’être réceptionné sur ses pieds sans un bruit il retint le corps qui menaçait de tomber dans la ruelle pavée. Et le tirant vers une cave sombre et au vu des toiles d’araignées, inutilisée, il rangea son épée surveillant que personne n’entrait dans la ruelle et ne trouverait ce corps sans vie en train d’être trainé sur le sol par une force invisible.
Crochetant le verrou de la cave il entreposa le corps. Soulevant le cuir de la chemise de l’homme sur son avant bras droit il y découvrit le symbole de l’organisation qu’il poursuivait. L’ordre du grand Pectran savait donc qu’il était à leur trousse et ça présageait des difficultés certaines pour trouver des informations surtout dans une ville qui semblait abriter quelques membres influents.
Fouillant rapidement le corps sans vie, il en retira tout les objets de valeur et refermant la porte de la cave il referma le verrou de manière à ce que rien ne laisse présager aux gens du voisinage que quelque chose d’étrange était arrivé dans la ruelle. Il avait quelques jours devant lui avant que l’odeur caractéristique du corps en train de pourrir ne trahisse la présence de ce cadavre.
Repartant en direction du marché il entreprit de faire l’inventaire rapide du contenu de la bourse de celui qui le suivait. Les rares pièces lui serviraient à payer des informateurs, quand à la bague sertie de pierres précieuses qui semblait être un signe de reconnaissance ou de ralliement, il faudrait qu’il trouve un joaillier ou  un mage pour en déterminer la provenance et les éventuels enchantements avant qu’il ne la porte ou ne tente de s’en servir.
Perdu dans ses pensées Baruch ne se rendit pas compte qu’il venait d’arriver dans le quartier qu’il souhaitait rejoindre. S’arrêtant avant de rentrer dans un commis qui portait des caisses en bois il se rappela qu’il était toujours invisible et que le lieu était surement mal choisi pour reprendre corps devant la foule déjà rassemblée et active malgré l’heure matinale.
S’engouffrant dans une ruelle sombre et tranquille il se cacha derrière quelques caisses attendant un éventuel poursuivant pendant de nombreuses minutes. Ne voyant rien venir, il entreprit de se rendre visible à nouveau, puis du pas allègre de celui qui vient de soulager un besoin naturel, en sifflotant il s’enfila entre les étals qui commençaient à bourgeonner un peu partout dans les rues alentours.
Traversant les rues et les ruelles il tenta à de nombreuses reprises d’engager la conversation et d’obtenir des renseignements, mais il fallait reconnaître que soit le sujet était proscrit en ce lieu, soit les cibles qu’il choisissait pour le renseigner n’avaient rien à lui dire.
La journée était déjà bien engagée lorsqu’il décida de prendre une pause à la terrasse d’une auberge d’où il avait une vue dégagée et assez bonne des rues principales du quartier.
Lorsque sa chope de cervoise lui fut apportée, un homme étrange au teint blafard vint s’asseoir face à lui.

– Vous n’ignorez pas qu’en ce jour sacré la mort ne doit pas frapper n’est ce pas ?
– De quoi parlez-vous ? Et puis d’abord qui êtes vous je vous prie ?
– Je sais que vous cherchez des renseignements sur le grand Pectran et je tenais à vous informer que nous savons qui vous êtes et où vous trouver.
– Seriez-vous en train de me menacer ? Et dois je en conclure que vous faites partie de cette organisation peut être ?
– Je ne suis qu’un messager et je ne vous délivrerais qu’un avertissement. Cessez de chercher à en savoir plus, vous ne feriez que vous mettre dans une position plus que délicate. Vous ne voudriez pas que nous fassions de votre vie un enfer n’est ce pas ?

Baruch qui en avait assez entendu n’était pas d’un tempérament très calme surtout en ce jour maudit de l’année. Attrapant l’homme d’un geste rapide et sûr au niveau du col de sa chemise en toile il l’attira vers lui le couchant à moitié sur la table, renversant sa choppe et envoyant valser la chaise sur laquelle l’homme était installé.

– Ecoutez moi bien, je n’ai jamais observé la trêve de cette journée et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Alors soit vous me dites où je peux trouver celui que je cherche, soit vous allez je crois avoir beaucoup de mal à voir la lune se lever ce soir.
– Jamais vous n’oseriez devant tant de gens agir ainsi. Vous êtes un mécréant mais vous n’êtes pas stupide. Je vais donc me lever doucement et m’en aller et vous ne ferez pas un geste pour m’en empêcher.

Baruch relâcha sa prise donnant à l’homme un rictus de victoire alors qu’il tentait de se tortiller pour descendre de la table de la manière la moins ridicule possible. Baruch qui sentait le regard des gens autour de lui, de sa main libre attrapa l’une des petites piques en bois qu’il portait glissées dans sa ceinture. Et alors que l’homme s’éloignait se retournant un sourire aux lèvres il la lança. Celle ci s’enfonça sans mal dans la chair du cou de l’homme ne laissant qu’une petite trace à la surface de la peau comme celle de la piqure d’un gros insecte. Celui ci portant la main à la blessure se retourna vers Baruch un regard d’incompréhension et de peur panique figé sur le visage. Puis il s’effondra dans un râle au bout milieu de la rue sous le regard étonné des passants.
Baruch appela le jeune garçon qui servait et lui montrant la choppe lui fit signe de la remplir à nouveau.
Décidément il avait beaucoup de mal à se dire que la mi-journée n’était pas encore passée et déjà il avait tué deux hommes du grand Pectran sans pour autant obtenir la moindre information intéressante.

Lorsqu’il eu terminé sa choppe et s’apprêtant à se lever il entendit un chuchotement derrière lui.

– Psssst

Se retournant il ne vit dans la rue que l’agitation banale des marchands et de leurs clients, le va et vient des livreurs et des hommes forts qui portaient les marchandises. Aucun visage ne semblait tourner vers lui et personne n’avait l’air de l’appeler.

– Psssst, ze vous ai entendu, vous voulez zavoir où ze trouve le grand Pectran z’est za ?

La voix rocailleuse semblait percer le sol et jaillir dans la rue comme venue de nulle part.
Baruch commençait à penser qu’il avait peut être bu sa choppe un peu vite. Mais la voix se faisait insistante.

– Zi za ne vous dis rien, alors laizzez tomber, je trouverais bien un autre qui voudra de mes renzeignements.

Baruch aperçu enfin le museau allongé de la créature qui lui adressait la parole, sortant d’un vasistas sous la taverne à laquelle il était attablé, la créature semblait faire parti du personnel de l’établissement.

– Et qu’est ce qui vous fait croire que ce que vous savez a de la valeur ?
– Ze zait où vis le grand Pectran lui même !
– Ma foi première nouvelle que de savoir que ce nom est le nom d’une personne. Et que voudriez-vous pour paiement de ce renseignement ?
– Et bien comprenez moi bien, ze ne zuis pas zpécialement adepte de toutes zes zottizes à propos de la vie à protéger. Z’aimerais pouvoir manger de la viande aujourd’hui, mais impozzible d’en trouver. Ramener moi un morzeau de viande et ze vous direz tout ce que ze zais.

Baruch était stupéfait, que ce stupide animal puisse vouloir lui donner une information aussi capitale contre un simple morceau de viande… Se levant d’un bond après avoir accepté le marché il retourna sur ses pas, trouvant un lieu où se rendre invisible, afin de retourner dans la cave où il avait abandonné un corps plus tôt le matin même. Arrivé sur place il sembla soulagé de voir que le voisinage ne semblait guère actif et il s’introduisit sans difficultés dans la cave, prélevant de grands morceaux de chairs à l’homme qu’il avait assassiné le matin même. Quand il eu obtenu de quoi donner l’illusion d’avoir une pièce de viande de belle taille, il l’enveloppa dans un morceau de tissus prélevé sur les vêtements du défunt, puis il ressortit, referma à nouveau le verrou et repartit jusqu’à la taverne.
Se rasseyant à la table qu’il avait quittée quelque temps plus tôt il fit glisser le morceau de tissus en direction du vasistas et tapotant du bout de sa botte sur les barres de fer qui en condamnait l’accès il attendit que le museau pointu réapparaisse avant de pousser du pied le paquet vers l’ouverture.
La créature attrapa le linge, et pendant quelques instants Baruch eu l’impression qu’il s’était fait roulé. Mais il entendit un sifflement de contentement puis le museau réapparut à la lumière.

– Ecoutez moi bien, vous devez allez dans le quartier Zud, voici comment trouver le grand Pectran.

Baruch semblait aux anges, la journée allait bientôt à peine entrer dans sa seconde moitié et déjà il se dirigeait vers ce qui lui semblait être le but de sa quête depuis si longtemps déjà.
La ville semblait véritablement en ébullition, des défilés costumés à la gloire de la déesse avaient lieu dans presque tous les quartiers de cette satanée ville. Et il commençait sérieusement à détester les chants traditionnels qu’il entendait à chaque coin de rue.
Heureusement qu’il touchait au but. Bien qu’il semblait moins sûr de lui à mesure qu’il avançait dans ce quartier délabré. Bien entendu rien ne valait un tel endroit pour se cacher mais pourtant ceux qu’il poursuivait avaient jusqu’à présent montrés qu’ils n’avaient pas peur d’agir au vu et au su de tous, alors qu’ici, les races les plus immondes se côtoyaient dans un mélange pour le moins détonnant dans un quartier qui devait se transformer en coupe gorge à la nuit tombée. Approchant du lieu indiqué par la créature, Baruch se rendit invisible à nouveau et s’enfonça dans les profondeurs d’un porche malodorant. De l’autre côté comme prévu, deux portes, tirant la poignée de droite il ouvrit et entra dans une pièce chichement éclairée par une simple bougie, pas de fenêtre et la simple flamme qui dansait donnant l’impression que les ombres sur les murs participaient à un ballet morbide.
Dans l’ombre comme indiqué, un homme assis sur un fauteuil à bascule semblait perdu dans sa méditation.

– Qui va là ? C’est toi Pei Lin ? Pei Lin où es tu ma douce ? J’ai besoin qu’on rallume ma pipe. Mais qui est là voyons… Parlez, je vous en prie…
– Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous cherche depuis longtemps maintenant… Je suis là pour que vous m’en appreniez plus sur la mort de mes parents.
– Mais de quoi parlez-vous ? Je ne comprends rien, veuillez quitter ma maison, ou j’appelle les gardes !

Baruch aussi silencieusement que possible s’approcha de l’homme, se campant presque face à lui il se rendit compte qu’il semblait très vieux, et surtout ses globes oculaires ne trompaient pas, l’homme était aveugle. Regardant les bras décharnés du vieillard, Baruch ne vit aucun signe indiquant qu’il était de ceux qu’il cherchait… Ses pensées s’affolèrent, le doute et la douleur se mélangeant, il se rendit visible, sachant que l’homme ne pouvait le voir et indiquant à celui ci par du bruit où il se trouvait il le questionna.

– Dis-moi vieillard, je cherche quelqu’un ou quelque chose qui s’appelle le grand Pectran je suppose que tu ne sais pas ce que sais n’est ce pas ?
– Ha ça non jeune homme, je n’en ai pas la moindre idée, tout ce que je sais, c’est que vous êtes ici chez moi et qu’il y a du y avoir confusion probablement, on vous aura mal renseigné.
– Et auriez-vous une idée de ce qui a pu se produire ?
– Et bien la personne n’aura pas compris votre demande… Vous êtes ici chez moi et mon nom est surement la source de vos ennuis jeune homme.
– Comment vous appelez vous ?
– Je suis le grand père Tran, dernier descendant des Trans qui sont venus du lointain orient. Ma fille est la dernière à porter le nom, son fils déjà ne porte plus que celui de son père. J’ai peur que la personne qui vous aura donné mon adresse vous aura fourvoyé.

Baruch partit d’un rire tonitruant qui semblait totalement incongru dans cette demeure dénué de tout et au confort tellement relatif. Frottant son briquet à amadou il ralluma la pipe du vieillard, le salua après s’être excusé, et ressortit rapidement de la maison. Sous le porche il croisa une jeune femme aux cheveux de jais qui se dirigeait vers le lieu qu’il venait de quitter. Sa peau légèrement cuivrée laissait à penser qu’elle devait être la fameuse Pei Lin, si seulement la maison de son père avait eu une fenêtre ou une lampe à huile plutôt que cette simple bougie, il aurait surement pu voir que la peau parcheminée du vieil homme avait aussi cette couleur si particulière.
Souriant d’un rictus amer, il se rendit invisible quand la jeune fille disparut dans la maison et se glissa dans la cohue de la rue, suivant le flot des habitants qui se rendaient probablement vers l’un des lieux où allait se jouer le spectacle rituel racontant la vie de la déesse.
Avant la tombée de la nuit il connaissait une créature qui repus de sa viande allait passer de vie à trépas dans d’atroces souffrances. Ce n’était pas personnel, mais il fallait qu’il entretienne sa réputation après tout. Il n’était pas né celui qui ferait tourner Baruch Jorgel en bourrique et qui s’en sortirait.
La journée était encore longue et le grand Pectran toujours à sa portée mais tout d’abord un peu de divertissement avant de reprendre le travail.

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