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Enfin

Marc attendait depuis plusieurs semaines déjà. Il avait utilisé les services en ligne de sa télé. La publicité fait des dégâts songea t’il. Le facteur arriva essoufflé au seuil de son appartement.

–          Et bien on peut dire que pour arriver chez vous il faut en vouloir !

–          Oui je sais l’ascenseur est en panne depuis maintenant 2 mois.

–          Si je l’avais su je ne serais jamais monté jusque-là.

Avec d’infinies précautions il posa au sol le colis sur lequel un énorme dessin indiquait « fragile ». Puis sortant une tablette tactile il fit signer Marc. Après les remerciements d’usage il repartit par l’escalier qui l’avait mené au 12ème étage bougonnant contre l’homme qui ne lui avait même pas laissé un pourboire.

Marc fit rentrer le colis dans son appartement en prenant soin de ne pas être vu par le voisinage. Une fois la porte hermétiquement fermée il s’octroya un soupir de soulagement puis une petite danse. L’excitation était à son comble. Il se rendit dans la cuisine pour y prendre un couteau à la lame fine. Perforant le ruban adhésif qui fermait le colis il l’ouvrit. L’appareil était encore emballé dans un autre carton, mais il s’arrêta comme en extase devant les photos de celui-ci. Sautillant d’un pied sur l’autre il parcourut l’appartement jusqu’à la chambre fermée. Sortant un trousseau de clés qu’il portait autour du cou il prit la plus longue et ouvrit la porte.

–          Ça y est ! Enfin ! Depuis le temps hein ? Si tu le voyais, magnifique, non je t’assure, mieux encore que dans la publicité ! Réveille-toi voyons !

Marc se pencha et attrapa un outil au sol qu’il regarda comme on gronde un enfant qui fait des bêtises.

–          Et voilà. C’est fini pour toi, tu n’as pas voulu marcher, tu t’es mis en panne, tant pis. J’irais te déposer à la benne plus tard. Bon excuse-moi mais je vais tout préparer lança t’il joyeusement avant de quitter la pièce.

Arrivé dans le hall il jeta dans un coin l’appareil abimé puis à l’aide de son couteau ouvrit le carton. Une douce odeur de plastique neuf vint lui titiller les narines. Avec soin il déballa l’outil et le regarda sous toutes ses coutures. Puis ivre de joie il se rendit dans la salle de bain. Le branchant il le mit en route. Comme la publicité l’indiquait il était particulièrement silencieux. Avec un grand sourire il le brandit devant la glace dans une position de victoire.

Retournant dans la chambre il alluma la lumière.

–          C’est l’heure ! Allez debout, je sais que tu attends avec impatience ce moment toi aussi. Si tu le voyais ! Il brille, il est rutilant. Mince j’ai oublié ! Attends une seconde je reviens te chercher. Ne bouge pas surtout hein.

Marc se rendit dans le salon, prenant la télécommande qui trainait sur la table basse il alluma la chaine stéréo. Le disque contenu dans l’appareil se mit en route. Agitant la télécommande comme si il tenait une baguette de chef d’orchestre il monta le volume jusqu’à un niveau sonore assez important. Fermant les yeux il se laissa bercer un moment par la musique classique qui faisait vibrer les murs. Une larme perla sur sa joue. Marc posa la commande comme une petite chose fragile, puis repartit en direction de la chambre. Attrapant un sachet plastique épais il se rendit dans la salle de bains. Déchirant l’emballage avec fébrilité, il étendit la grande bâche plastique en travers de la baignoire. Repartant en grommelant dans la chambre il se saisit d’un rouleau de scotch épais. Puis entreprit de coller la bâche aux murs de la pièce. Prenant un pas de recul, il posa son menton sur le creux de sa main et admira l’installation.

De retour dans la chambre il lança à la cantonade :

–          On y est ! Ha je vois que tu as ouvert les yeux, c’est bien.

Ressortant les clés il prit celle des menottes qu’il détacha prudemment pour les retirer des montants du lit avant de les ré-attacher à la jeune femme qui était allongée. La soulevant un peu il passa sa tête sous son épaule pour la soutenir et la mit debout. Puis lentement vu la maigreur et l’état de fatigue de celle-ci il fit le trajet jusqu’à la salle de bains pas après pas. Marc soufflait, il détestait que les choses n’aillent pas comme il le fallait. Mais là il n’avait pas vraiment eu le choix. L’appareil était tombé en panne au plus mauvais moment. Arrivés dans la salle de bains il l’installa sur la bâche puis recula pour reprendre son souffle. Il n’était pas très habitué à ce genre d’efforts, les drogues l’aidaient habituellement. Mais cette fois la jeune femme était restée inhabituellement longtemps chez lui.

La froideur de la bâche ou de la faïence de la baignoire eurent un effet stimulant car elle ouvrit les yeux. Clignant un peu à cause de la lumière trop forte. Elle qui avait passé ses journées dans une pièce sans fenêtre et sans lumière avait du mal à comprendre ce qui arrivait.

Marc en profita pour mettre sa tenue de travail. Avec soin il attacha sa blouse, mit son masque, sa charlotte. Puis enfila ses gants. Il attrapa l’appareil et s’approcha.

–          Voilà venu le moment de conclure. J’espère que tu as passé un moment aussi agréable que moi.

Il mit l’appareil en route, le silence était seulement habité par la musique venant du salon et qui semblait emplir l’air. Une lueur d’incompréhension traversa le regard éteint de la jeune femme. Marc attendit la variation dans le thème qu’il affectionnait, puis entreprit de plonger la scie électrique d’un geste précis et sûr en direction du corps immobile.

Quel monde merveilleux où l’on pouvait se faire livrer toute sorte de marchandise sans quitter son domicile se dit-il alors un sourire radieux aux lèvres derrière son masque chirurgical.