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Histoire vraie

Cette histoire est authentique, je ne voulais pas la raconter mais je crois qu’elle est symptomatique d’une société qui marche sur la tête elle m’est arrivée il y a quelques mois déjà.

Il y a quelques mois (années maintenant, foutu procrastination) en rentrant tranquillement en voiture je vois un objet noir au sol sur la route sur le bas côté, intrigué et quasiment sur que l’objet en question n’a rien à faire là je fais demi-tour et m’arrête pour le ramasser.
Je découvre à mon grand étonnement que c’est un portefeuille, qui semble en parfait état à part quelques traces d’abrasions surement du à une chute ou au fait d’avoir été écrasé par des voitures précédentes.
Ayant reçu une éducation pleine de morale et de respect, je m’empresse de l’ouvrir non pas bande de petits sacripants pour y voler quoi que ce soit mais à la recherche d’une information permettant de retrouver son propriétaire.
Alors là première stupéfaction, tout d’abord de l’argent se trouve dans le portefeuille, ça ne me regarde pas, donc je n’y touche pas, mais je commence à imaginer que ce n’est pas un vol ou une dépouille qui a été abandonné sur le bas côté mais plutôt une perte peut être malencontreuse.
Seconde stupéfaction on a beau avoir un sacré bordel dans son portefeuille parfois on n’a pas son adresse dedans… N’est ce pas? C’est étonnant mais c’est ainsi.

Le soir arrivant, le repas terminé, je reprends mes recherches avec comme seul indice un nom et un prénom sur quelques petites cartes d’adhérents de je ne sais trop quoi.
Après un petit moment je trouve une adresse potentielle, pas très loin de chez moi (suffisamment tout de même pour devoir y aller en voiture) je localise, je note, et me voici embarquant dans mon fidèle engin motorisé pour aller tel Don Quichotte ayant vaincu un des géants rendre ce portefeuille à son propriétaire que j’imagine fou de joie à l’idée de le retrouver.
Bin oui si je fais ça c’est bien que karmiquement je voudrais que le jour où je perds le mien un petit couillon dans mon genre tente de me retrouver pour me le rendre, ça serait un juste retour des choses, bien que le karma ça n’est plus ce que c’était de nos jours.
Brefff!!! Me voici roulant vers mon destin, le vent dans les cheveux, la musique à donf, les routes de l’Ouest Américain s’étendant à perte de vue, les buissons secs semblant voleter dans le vent aride du désert alors que le soleil se couche à l’horizon.

Heu non attendez, rien de tout ça, direction une petite résidence fort cossue, au point qu’un énorme portail métallique m’en barre l’accès et que la porte extérieure pour piéton possède un digicode dont je n’ai absolument aucune idée bien entendu…
Me voilà fort mari avec ce portefeuille dans les mains, et rien pour pénétrer en ce lieu où semble résider monsieur son propriétaire. Je commence à désespérer niveau karma et tout ça vu les embuches dont je suis victime, j’en viendrais à me dire que le destin veut que je garde ce portefeuille plutôt que de le rendre!
Mais non, ouf voilà une dame d’un certain âge présentement trainée par un gros chien probablement aussi lourd qu’elle qui vient à se diriger vers le portail. En tant qu’individu louche attendant derrière le portail je fais part de ma déconvenue à la vieille dame qui accepte fort aimablement de m’ouvrir le petit portillon pour que je puisse reprendre ma mission et enfin avoir droit aux honneurs faits aux braves.
Après l’avoir remerciée et m’être fait copieusement bavé dessus par l’animal (mais non pas la petite vieille…) je m’enfonce avec circonspection dans la résidence. J’y découvre un monde à part, les appartements donnant sur l’immense parking (inaccessible puisque fermé, mais immensément vide) et les habitants ayant probablement l’habitude de ne point fermer leurs rideaux ou volets, on se croirait presque en train de traverser leur salon…

Je regarde les numéros, je trouve celui que j’avais noté, je m’approche, je trouve un interphone à l’entrée, de ces appareils sur lesquels on met une heure à trouver quelqu’un même en cherchant bien.
Je trouve le bouton, non sans mal de mon interlocuteur, prêt à lui sortir un laïus répété au moins 243 fois et demi dans ma tête pour ne pas l’effrayer à cette heure et pour le rassurer quant à son portefeuille perdu.
J’en suis pour mon argent puisque la porte s’ouvre sur un bzzzz métallique et électrique impersonnel sans qu’aucune voix ne m’ait adressé la parole. Bon me dis je, cet homme attend peut être quelqu’un, ou il n’a pas peur des gens qui viennent chez lui, allons y soyons courageux, j’entre.
Je ne sais pas vous, mais moi ces nouveaux immeubles design avec des halls surdimensionnés, où il faut déjà une heure pour trouver les boites aux lettres, sur lesquelles aucune indication d’étage n’existe ça m’horripile… Donc je tente de déduire où peut se situer l’homme que je viens voir, et lorsque je pense avoir l’info je prends l’ascenseur.

J’arrive dans un couloir au fond duquel je repère la porte tant espérée. Ouf je suis presque arrivé, tel un chevalier du temps jadis parti sauver sa donzelle en péril, j’ai l’impression d’avoir occis le dragon, écrasé le vil nécromant, et fait encore moult autres exploits pour en être arrivé là, c’est donc le cœur battant et pas peu fier de moi que je sonne à la porte.
J’entends une voix d’homme qui semble parler assez fort qui se rapproche, qui ouvre, il est au téléphone, je tends le portefeuille prêt à lui expliquer un peu où je l’ai trouvé et comment je l’ai retrouvé lui, il le prend, me tourne le dos et repart refermant la porte sur moi.
Comme si un livreur de pizza dont il avait déjà réglé la commande était passé chez lui, ni merci ni merde, il n’a pas cessé de parler au téléphone, le fait que je lui rende son portefeuille a du lui sembler tout à fait normal et naturel… Que le portefeuille contienne encore de l’argent ne l’a même pas effleuré il l’a posé sur un meuble à l’entrée de chez lui et je me suis trouvé fort bête.
Non pas que j’attendais qu’il m’offre une récompense, non pas que j’attendais qu’il m’offre à boire (quoi que hein ça ne l’aurait pas tué) non mais un "merci", "c’est gentil", n’importe quoi d’autre qu’une hautaine ignorance de ma petite personne. Se retournant il est reparti ailleurs dans son appartement trop pris par sa conversation téléphonique sans doute, me laissant devant la porte congédié par un vague geste de la main indiquant tout à la fois.
"C’est bon rentre chez toi" ainsi que le "Je n’ai plus besoin de vous, vous pouvez disposer mon brave".
Je dois dire que le retour fut encore plus rock and roll, tant je pestais contre cet individu même pas capable de dire un merci, même pas capable d’une poignée de main ou d’un sourire, et tellement accaparé par son égocentrisme qu’il n’a si ça se trouve jamais su vraiment ce qui était arrivé et qu’il a peut être imaginé avoir perdu son portefeuille dans l’ascenseur de son propre immeuble qui sait…

 

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